Le
mois dernier, de nombreux pays ont ratifié un accord
interdisant l’utilisation des mines antipersonnel.
C’est là le fruit des efforts incessants de
nombreuses organisations humanitaires et de
personnalités comme Lady Diana. S’il est normal
de s’en réjouir, nous ne pouvons toutefois
accepter l’idée qu’il faudra mener campagne
pour chaque nouveau moyen de destruction issu de la folie
meurtrière des fabricants d’armes ! Nous ne
pouvons qu’être profondément
écoeurés lorsque nous constatons que la France
fut le second pays exportateur d’armes entre 1993 et
1996, vendant pour un total de plus de 16 milliards de
dollars...
Ainsi, avec les Etats-Unis, la Russie, la Grande Bretagne et
quelques autres, notre pays participe au plus vaste crime
contre l’humanité : le commerce des armes.
Chacun d’entre nous est concerné directement par
ce drame car il y participe, bien involontairement,
d’une façon concrète. En effet, lorsque
nous versons à la collectivité une part de nos
revenus, celle-ci en utilise un certain pourcentage pour
subventionner cette industrie de mort. Il importe donc au
plus haut point que nous soyons informés, chose
difficile tant la question des ventes d’armes est
recouverte d’une chape d’hypocrisie.
Le premier argument avancé en faveur de ce commerce
est qu’il est créateur d’emplois dans nos
pays industrialisés. Cet argument, parfaitement
immoral, est de plus faux : d’abord parce que les
industries d’armement se préoccupent
essentiellement de rentabilité et ne pratiquent pas
une politique sociale. Ensuite parce que les ventes
d’armes entre pays sont tributaires d’un
système de compensation directe ou indirecte :
transfert de technologie, investissement dans le pays
acheteur, création d’emplois sur place... Ce
système de compensation oblige les gouvernements
à verser toujours plus de subsides à ces
industries au lieu de les utiliser dans la reconversion de
leur activité. Les subventions versées en
faveur du commerce des armes constituent donc un gaspillage
honteux des ressources de l’état.
Du point de vue spirituel, que faut-il penser de la
nécessité, pour une nation, de protéger
ses citoyens ? La réponse est simple : suivons
l’exemple du Christ ! Donnons nos vies pour
protéger ceux que nous aimons
(c’est-à-dire toute l’humanité) mais
ne cherchons pas à sauver la nôtre si cela doit
coûter celle d’un être qui se croit notre
ennemi. Telle est la Parole d’Amour. Au niveau des
états, cela
doit se traduire par une force conjointe de paix
chargée d’éviter les conflits et
prête à se sacrifier pour cela. Mais cela ne
saurait se traduire par le commerce des armes, lequel est
négatif par sa nature
même.
Comment ne pas crier au scandale lorsque des nations
développées, parmi lesquelles la France,
vendent des canons principalement à des dictatures
qui méprisent les droits
de l’homme ou
à des pays en voie de développement qui ne
parviennent pas à nourrir leur population ou à
éduquer leurs enfants ? Ces ventes d’armes sont
hautement responsables des conflits (qu’elles
enveniment pour écouler leurs stocks) et des
massacres de populations civiles qui ont fait plusieurs
dizaines de millions de morts depuis 1945. Il n’est
donc pas exagéré de parler de véritable
crime contre l’humanité.
Il a beau exister, dans certains pays, un code de conduite
concernant les transferts d’armes, il n’y a aucun
contrôle public. De plus, les lobbies de
l’armement font tout ce qu’ils peuvent pour
faciliter l’obtention de licences d’exportation et
s’ouvrir de nouveaux marchés. Aux Etats-Unis,
les fabricants d’armes ont même leur propre
comité d’action politique supportant tel ou tel
candidat.
Mais il existe un lobby plus puissant : celui de la
fraternité. Celle qui nous relie à nos
frères et soeurs, où qu’ils vivent.
Ainsi, chaque être tué ou torturé,
chaque enfant qui souffre pousse un cri d’Amour vers
nous : un appel que notre âme perçoit.
Ecoutons-le ! Et que chacun d’entre nous, au nom de la
fraternité, devienne, à sa manière, un
artisan de paix.
Geoffroi
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