Ne
regardez surtout pas dans la hotte du Père Noël
! Elle ressemble à s'y méprendre à une
marmite infernale ! Les jeux vidéo, de loin les
préférés des enfants, atteignent
maintenant des sommets dans la violence et
l'ignominie...
Cela provoque bien entendu des levées de boucliers
mais les intérêts financiers associés
à la banalisation de la violence conduisent toujours
à leur trouver quelque aspect positif. On dira, par
exemple, « qu'il est préférable de se
battre dans le monde virtuel plutôt que dans la
réalité et que, de toutes façons, les
enfants ont le désir d'explorer la violence... ou
mieux, que cela développe un esprit de
compétition amicale qui constitue un facteur de
socialisation... » Bref, il semble parfaitement naturel
à certains qu'un enfant sorte de lui de la violence :
« c'est comme s'il jouait aux cow-boys et aux indiens !
» Et si, après s'être focalisés
pendant des heures sur un jeu violent, nos enfants en
ressortent surexcités, « c'est tout bonnement
l'effet normal d'une montée d'adrénaline...
D'autant que dans ces jeux, ils conservent le contrôle
sur la violence ! »
Stoppons-là ces aberrations sorties d'études pseudo-scientifiques
où l'enfant est plus considéré comme un animal de laboratoire
que comme un être ayant besoin d'Amour ! Il ne s'agit pas de
rejeter les jeux vidéo, consoles et joysticks en bloc : non.
Il existe des jeux tout à fait positifs à déguster avec modération.
En revanche, soyons inflexibles en ce qui concerne les jeux
violents. Si un enfant déborde d'énergie, il n'est pas pour
autant porté à l'exploration de la violence : c'est la société
qui l'y incite mais cela ne traduit pas un penchant naturel.
Assimiler cela à un jeu de cow-boys et d'indiens illustre seulement
la tendance de l'adulte à laisser l'enfant « dans son monde
», au lieu d'y prendre une part créatrice. De plus, se trouver
dans un couloir où le but est de massacrer tout ce qui se présente,
activité de base de tous ces « shoot them'up » qui font fureur,
ne représente pas vraiment un exercice de liberté. Faut-il qu'un
enfant n'ait d'autre choix que d'assister passivement à la violence
télévisée ou d'y participer activement dans un show vidéo toujours
plus réaliste ?
Alors Mortal Kombat va-t-il transformer une douce
petite fille en machine à tuer ? Non, sans
doute ! Le problème est ailleurs. La pratique
régulière de ce genre de jeux va-t-elle
accentuer considérablement son agressivité et
sa nervosité ? Oui. L'habitude de vivre
très tôt dans un monde fictionnel où le
mot d'ordre est « tuer ou être tué
» va-t-elle influer sur son comportement
relationnel ? A l'évidence oui, d'autant que la
société réelle ne lui oppose aucun
démenti. Le stress permanent induit par ces jeux
constitue-t-il un facteur d'équilibre et de
développement harmonieux ? Non, bien
sûr !
La fuite dans les jeux vidéo reflète un
phénomène grave qui touche l'ensemble de la
société : la quête forcenée des
émotions. Que l'on manifeste bruyamment son
émoi à l'écoute des massacres en Bosnie
ou que l'on reste indifférent à la torture
infligée à son ennemi dans un jeu d'arcade, le
problème de fond reste le même : l'insuffisance
d'Amour et l'absence de compassion véritable
conduisent à tout vivre en surface, au niveau des
émotions égotiques où se mêlent
allègrement culpabilité et bonne conscience.
Répétons-le : la pratique de ces jeux
ultra-violents est nocive parce qu'elle donne la
priorité aux régions les plus limitées
de l'être ; celles dont le développement
excessif rend l'individu esclave de montées
d'adrénaline à répétition.
Les nouveaux produits qui apparaissent sur le marché
ne font qu'empirer cette tendance. Ce sont, par exemple, les
joysticks « à retour de force », ces
manettes qui restituent les vibrations
générées par le déroulement de
l'action violente. Voilà tout à fait de quoi
favoriser les comportements pulsionnels ! Evitons que nos
enfants, drogués à la recherche
frénétique des émotions fortes, ne
subissent à l'âge adulte, un dramatique «
retour de force » dans leur psychisme...
Geoffroi
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