Imaginez
: des tomates qui ne pourrissent jamais, de belles brebis
uniformes, des souris programmées pour
développer un cancer, la création de nouvelles
bactéries, la carte du génome humain... Le
potentiel du génie génétique est
gigantesque. Autant le sont ses enjeux économiques et
financiers. L'homme devient capable de modifier en
profondeur son environnement et, bientôt, son propre
organisme. Mais est-il apte à trouver les bonnes
réponses aux problèmes fondamentaux
soulevés par les manipulations
génétiques comme le clonage humain ou les
brevets du vivant ?
Pour cela, il faudrait que le climat qui règne autour
de la recherche scientifique soit serein. Or il n'en est
rien. Le monde de la recherche est soumis à forte
pression : celle de la concurrence internationale
(souvenons-nous de l'affaire de la découverte du
SIDA) qui rend le scientifique esclave de l'industrie ou
surtout préoccupé de sa carrière...
Quant aux comités d'éthique qui sont
censés réguler les débats, leurs
incohérences sont manifestes. Ainsi, tel programme de
recherche sera autorisé ici et refusé
là et, malgré les déclarations, la
tentation est toujours grande de réduire l'être
humain à ses caractéristiques
génétiques. Tout cela parce que l'Amour du
prochain est dédaigné et la dimension
spirituelle de l'homme gravement ignorée, alors que
le progrès spirituel devrait suivre de près
sinon précéder le progrès
technologique.
Rappelons donc quelques vérités divines. Le
patrimoine génétique d'un individu est sujet
à transformations et dépend de ce qu'il est
spirituellement et comment il évolue. Ainsi, la vraie
question n'est pas de savoir s'il faut ou non toucher au
génome mais si cela va dans le sens de l'Amour, donc
du bien de tous. Qui s'opposerait par exemple au clonage
d'un gène humain si cela devait profiter à un
malade atteint de myopathie ou bien si cela permettait
d'enrayer une épidémie ? Mais avant, encore
faudrait-il être capable de maîtriser les
conséquences de telles manipulations
génétiques...
Ce qui va dans le sens de l'Amour, c'est d'agir avec le
souci des autres autant que de soi-même. Le souci de
soi conduit à chercher d'abord à comprendre
les origines de la maladie et de la souffrance avant de
vouloir à tout prix les éradiquer sans en
connaître la raison spirituelle. Ainsi, l'homme ne
manquerait pas de développer des médecines
plus naturelles et plus respectueuses de l'harmonie
universelle. Il réfléchirait alors à
l'absurdité qu'il y a à retirer la moindre
souffrance à l'homme par des moyens artificiels pour
l'infliger aux animaux dans les laboratoires. Il
découvrirait qu'il a en lui un pouvoir
créateur infini capable de lui donner la
maîtrise de son corps physique.
Quant au souci des autres, il implique à
l'évidence de chasser l'argent de ces domaines
où il est le roi : il est inconcevable de faire des
profits exorbitants aux dépens de la souffrance
d'autrui ou de réduire des organismes vivants
à de simples marchandises brevetables. Il est grave
de cloner puis de produire industriellement une substance
issue d'un produit dont la culture constitue le pilier de
l'économie d'un pays en voie de développement.
Il est enfin criminel de répandre dans la nature
telle ou telle plante issue de mutation transgénique
alors que l'on est dans l'ignorance la plus complète
des conséquences sur l'environnement.
Soyons humbles et considérons notre planète
comme un organisme vivant dont il nous appartient d'assurer
l'équilibre. Ne développons pas une
médecine irresponsable et une éthique de pays
riches. Préoccupons-nous plutôt de comprendre
ce qu'est la Vie : un échange d'Amour entre tout ce
qui est. Cela nous donnera le goût de la prudence face
à des technologies qui ne sauraient être
considérées comme anodines. Un fusil est un
jouet dangereux entre les mains d'un enfant qui ignore ce
qu'est la mort. Que dire alors du génie
génétique au coeur des éprouvettes de
ceux qui méconnaissent les fondements mêmes de
la Vie ?
Geoffroi
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