L'essor
des moyens de communication nous conduit à être
toujours davantage exposés à la violence. Les
gouvernements des pays occidentaux se sont lancés
à l’assaut du problème de
différentes façons : promotion de la puce
anti-violence sur les téléviseurs (V-chip),
promulgation de codes de classification des
émissions, éducation des parents à la
connaissance des médias... Il ressort certainement de
tout cela des dispositions intelligentes et
l’émergence d’une indispensable prise de
conscience. Toutefois, lorsque l’on étudie les
documents officiels, on décèle une
évidente tiédeur face à la violence qui
est le reflet de la complaisance d’un large public. La
violence a déjà parcouru un long chemin dans
nos psychismes. Elle s’y trouve ancrée et y
forme un solide conditionnement.
Penchons-nous, par exemple, sur le Code d’Application
Volontaire, en usage au Canada, destiné aux
producteurs et aux diffuseurs d’émissions. Nous
y trouvons des recommandations tout à fait
sensées mais aussi une tolérance bien
étrange comme en témoigne cet article : "Dans
les émissions où les interprètes sont
des personnes réelles, il ne faut utiliser la
violence que si celle-ci est essentielle au
déroulement de l’intrigue ou à
l’évolution des personnages". On voit bien
là le souci incohérent de respecter une
liberté d’expression mal comprise qui revient
à laisser la part belle à
l’étalage de la violence.
Ailleurs, en France notamment, on constate la même
préoccupation de distinguer un seuil de
tolérance acceptable pour la violence. Soyons clairs.
La frontière de l’acceptable a été
pulvérisée depuis longtemps et les effets
nocifs de l’exposition à la violence ont
été mis en évidence depuis des
décennies. Le cocktail télévision et
violence est particulièrement explosif du fait de la
passivité que la télévision induit : on
assiste à 2 crimes par heure sur la
télévision française (rapport du CSA de
l’automne 1995)... et chaque enfant, aux Etats-Unis,
est exposé à 8000 meurtres et 100000 actes de
violence entre 7 et 12 ans (Telecommunications Act of
1996).
Même si l’exposition à la violence ne
conduit pas systématiquement au crime,
l’augmentation de l’agressivité est une
évidence dans nos sociétés : la
déstabilisation générale des individus
est un simple constat. Alors, faut-il que les gouvernements
prennent des mesures coercitives de grande ampleur et
agitent le couperet de la censure pour faire reculer ce
danger ? Non, l’Amour demeurera toujours
synonyme de responsabilisation et de prise de conscience
individuelle. Il appartient à chacun de comprendre
que le terrain d’action de la violence est
extrêmement vaste : images brutales, pression
psychologique, exaltation de tout ce qui voue
l’individu à devenir l’esclave de pulsions
artificielles, course à la réussite,
éloge de la compétition, glorification de
l’argent et du plaisir immédiat... Ce sont
quelques uns des nombreux agents de la violence !
Mais qui donc permet à ces fléaux de se
répandre si facilement ? Qui est le premier
média porteur de cette négativité et
qu’il convient de dénoncer au plus tôt ?
Vous et moi ! Réfléchissons bien
à cela avant de nous en prendre à la
télévision, à Internet ou aux
paparazzi... La violence est l’univers de
l’excès, elle se nourrit de
l’exagération et s’enfle avec la
valorisation qu’elle procure à notre ego. Nous
sommes trop habitués à baigner dans ses ondes
négatives, à les banaliser et à nous
satisfaire des émotions qu’elles nous font
vivre. Finalement, nous entretenons un capital de violence
à l’intérieur de nous et le nourrissons
par la pesanteur de nos actes et la lourdeur de nos
interactions avec
autrui.
Cessons d’accroître le champ destructeur de la
violence. Commençons par ne pas véhiculer de
pensées ou de paroles négatives mais cultivons
la positivité. Il nous revient de ne jamais donner la
parole à la violence : ne la laissons pas
s’exprimer en nous, élevons-nous à un
plan supérieur, changeons de fréquence.
Geoffroi
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