Le
rapport de la Commission d’Enquête Parlementaire
sur les sectes montre combien il est délicat
d’analyser le phénomène sectaire sans
porter préjudice aux multiples mouvements spirituels
qui existent en France. Si la Déclaration des
Droits
de l’Homme et
du Citoyen (relayée par la Constitution) assure
à chacun d’entre nous la liberté
d’opinions religieuses, la société se
doit cependant de protéger les individus contre les
agissements de certains groupes : déstabilisation
mentale, exigences financières exorbitantes,
atteintes à l’intégrité physique
sont trop souvent les fruits des dérives sectaires...
quand il ne s’agit pas de faits plus graves encore.
La société est suffisamment armée du
point de vue juridique pour défendre les personnes
contre ces dangers mais il n’en faut pas moins demeurer
vigilant face à ce phénomène en pleine
expansion. Les sectes se portent bien parce qu’elles
semblent répondre, chacune à leur
manière, à une vraie demande. A l’heure
où la plupart des idéologies (dont le
matérialisme) sont ruinées, où les
croyances traditionnelles sont remises en cause, le tout sur
fond de crise économique et morale, les sectes
apportent leurs réponses à ceux qui aspirent
à un idéal et à une transformation
personnelle.
Mais ces réponses sont mauvaises car
dépourvues d’Amour, de sorte qu’elles
découragent ceux qui voudraient évoluer parce
qu’elles souillent les idéaux les plus
respectables. Lequel d’entre nous n’est pas
attiré par la convivialité ? Le nouvel adepte
est souvent frappé par la chaleur humaine dont il est
entouré au départ : il découvre des
amis qui l’écoutent, il se sent soulagé
d'appartenir à une communauté solide ! Mais
malheur à lui s’il veut partir un jour : ses
« frères » deviendront ses gardiens.
S’il y avait de l’Amour véritable, la
convivialité serait sincère car elle
découlerait de la joie de rencontrer un être et
toute la richesse qu’il porte en lui. Il serait
respecté et sa liberté érigée en
dogme.
Qui ne cherche pas, un jour ou l’autre, à donner
un vrai sens à sa vie ? C’est, en effet,
toujours par idéal que l’on adhère
à une secte. L’adepte est bien trompé !
La doctrine qui lui est assénée jour
après jour se révèle d’une
rigidité telle qu’elle le contraint à
rejeter le monde et à haïr la
société. L’Amour, lui, est adaptation
à tout ce qui est autre.
Il ne s’exclut
pas du monde en se barricadant derrière des
idées : il est ouverture à tout ce qui existe
sans être complaisant.
Qui ne souhaiterait pas se rendre utile aux autres ? Les
sectes abusent de ce désir naturel de servir en
exploitant outrageusement les efforts de leurs membres.
L’Amour vrai ne saurait se changer en exploitation de
l’individu pour le bénéfice d’un
gourou.
Qui n’aspire pas à se perfectionner pour trouver
l’équilibre intérieur ? Ce
n’est certes pas la sérénité que
l’on atteint après avoir transféré
son identité sur celle du gourou en négligeant
ses qualités propres ! Le « bonheur » des
sectes est un bonheur obtenu par conditionnement et
déresponsabilisation de l’individu. Peu à
peu, toute confiance en soi disparaît. Et l’on
finit par ne plus guère s’aimer...
Telles sont les réponses que les sectes apportent
à leurs adeptes. S’il est certain qu’il
n’appartient à personne de les condamner, il est
de la responsabilité de chacun de prendre conscience
du risque qu’elles lui font courir : celui de rejeter
l’évolution spirituelle à cause
d’elles, par méfiance ou par
dégoût. Leurs actes opposés à
l’Amour couvrent d’opprobre les valeurs
authentiques dont l’homme a toujours eu besoin pour
vivre, valeurs qui prennent leur origine dans ce moteur
universel qu’est l’Amour : l’Amour de
l’autre et de
soi-même.
C’est là
le plus bel accomplissement d’une vie riche
d’expériences vécues librement, en
faisant confiance à l’Amour que chacun porte en
lui. C’est un objectif à atteindre par
soi-même, proche de ceux que l’on aime, loin des
sectes !
Geoffroi
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