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Universalité


En ce début d’été, les organisations dont l’influence est reconnue sur l’ensemble de la planète font paraître leurs rapports et ceux-ci sont à considérer avec d’autant plus d’attention que nous vivons les premiers instants du 21ème siècle. Ce sont, par exemple, les études réalisées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ou Amnesty International qui nous dressent le tableau des progrès que l’humanité doit encore accomplir avant de connaître la véritable maturité. Et le travail est immense tant il y a d’exactions qui sont commises à chaque instant, tant d’inégalités de par le monde et tant d’inconscience et de faiblesse dans notre cœur...

Mais il y a aussi beaucoup de courage et d’abnégation chez certaines âmes qui font avancer, peu à peu, la Fraternité. Ici, des avocats se réunissent pour dénoncer l’injustice d’un système ; là, des militants manifestent leur dégoût face à la peine de mort ; là encore, on travaille à reconstruire le Kosovo tandis qu’ailleurs, on débat du scandale que constituent les ventes d’armes. De plus en plus, des hommes et des femmes se préoccupent du sort de leurs semblables sans prêter la moindre attention à leur race, leur culture ou leur religion... Simplement parce que se soucier du sort d’autrui, c’est se soucier de soi, de son propre épanouissement.

Dans l’histoire de l’humanité, ce phénomène est totalement nouveau : il provient non seulement de l’évolution des technologies mais surtout de la prise de conscience effectuée par un grand nombre d’êtres - voire même par certaines sociétés - à la suite des deux conflits mondiaux du 20ème siècle. De sorte qu’aujourd’hui, après avoir marché sur la Lune, l’être humain a toute la Terre comme champ d’investigation : ses semblables deviennent de moins en moins des étrangers et, de plus en plus, des voisins avec lesquels il peut commercer, discuter, bref, échanger. Certes, cette réalité ne concerne encore que les pays développés mais il suffira sans doute de quelques décennies pour qu’elle devienne le pain quotidien de la plupart des individus. Autrement dit, à l’heure où la mondialisation est sur toutes les lèvres, l’homme est appelé, toujours plus concrètement, à l’ivresse de l’universalité. Selon sa personnalité et ses aspirations, chacun répondra différemment à ce chant des sirènes : certains se réfugieront dans leur passé et leurs racines pour compenser la peur de l’inconnu qui les saisit dès lors qu’ils se retrouvent face à un « autre », trop différent d’eux-mêmes ; d’autres tenteront par tous les moyens de profiter au maximum de la situation et de faire de cet « autre » un faire valoir, un serviteur, bref un subordonné.

Ainsi, alors que les moyens de communication nous permettent enfin de dilater notre ego pour accueillir notre semblable, la tentation est forte de se replier sur soi, de se protéger : le moment est donc venu de prendre conscience de notre véritable nature si nous ne voulons pas « imploser », du fait du trop grand fossé existant entre nos conditionnements et l’illimitation que nous assurent les nouvelles technologies, ou bien « exploser » par la multitude de sollicitations négatives que procurent ces mêmes technologies en accroissant dramatiquement les inégalités. En d’autres termes, il est temps de gagner en responsabilité parce que les outils qui sont aujourd’hui à notre disposition nous promettent un accroissement démesuré de notre pouvoir en tant qu’individu. Partager ce pouvoir avec autrui, n’est donc pas seulement une décision idéaliste, fruit d’une « pure volonté altruiste », mais tout simplement une mesure de sagesse : il est fini le temps où les êtres humains pouvaient encore s’imaginer que faire du bien à autrui signifie obligatoirement se frustrer ou se sacrifier. L’universalité dont nous commençons à faire l’expérience nous indique qu’une harmonie régit les rapports que nous entretenons avec nos semblables et que nous sommes appelés à en prendre conscience aujourd’hui. Un bien, une richesse ou un pouvoir est, par nature, fait pour être partagé car c’est ainsi qu’il est source de davantage de richesses, de potentiel et de bonheur. A l’inverse, tout ce qui n’aboutit pas à un partage mais est conservé pour soi se traduit par l’autodestruction de l’individu. Veillons donc à accroître sans cesse la dynamique de l’échange lorsque nous goûtons aux joies de l’universalité, sans quoi notre univers de liberté et de création se réduira vite à une peau de chagrin...


Geoffroi Contact  




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