Depuis
de trop nombreuses années, nous entendons parler de
la paix au Proche-Orient : un jour, nous suivons avec
intérêt les efforts des gouvernants de bonne
volonté, un autre, nous déplorons les
comportements obtus de certains chefs d’état. A
l’heure actuelle, nous n’avons jamais
été aussi près d’aboutir à
une entente entre Israël et ses voisins malgré
les provocations incessantes des extrémistes de tous
bords qu’ils soient nationalistes, intégristes
ou terroristes. Dans tous les cas, il faut
énormément de ténacité de la
part des hommes politiques pour résister à ces
ennemis de la paix. Mais quand bien même les
dirigeants parviendraient à juguler ces opposants,
ils devraient finalement faire face à un autre
obstacle tout aussi important : l’argent.
La paix, en effet, a un coût particulièrement
élevé. En ce qui concerne les
négociations entre la Syrie et Israël, des
milliards de dollars seront nécessaires pour
démanteler les colonies du Golan et opérer la
réinsertion des milliers de colons israéliens.
Bien entendu, les pays occidentaux doivent naturellement
participer à ce financement comme ils le font pour le
Kosovo, le Timor Oriental ou d’autres nations, sous
différentes formes : troupes
d’intervention, logistique humanitaire,
déblocage de fonds spéciaux etc.
Ainsi, pour que les bonnes intentions se concrétisent
et que l’humanité progresse sur la voie de la
concorde entre les peuples, il faut beaucoup d’argent
et beaucoup de motivation. En effet, ces sommes
considérables nécessaires au
développement économique de régions
défavorisées, à
l’amélioration des conditions de vie des
populations tant dans le domaine de la santé que dans
celui de l’éducation ou à
l’édification de régime
démocratique proviennent directement “de notre
poche”. En d’autres termes, c’est au
contribuable qu’il revient finalement de financer cette
quête en vue de la stabilité de la
planète.
Cela pose un problème majeur : quel décideur
politique prendra le risque d’agacer son
électorat en lui parlant des souffrances des
tibétains, de la famine au Soudan ou des exactions
commises contre les Kurdes s’il sait pertinemment que
ses concitoyens se préoccupent essentiellement de la
stabilité de leur emploi ou n’ont d’yeux
que pour leurs points retraite ? En revanche, s’il
se sent poussé par une opinion publique hautement
soucieuse du respect des droits humains, il
n’hésitera pas à œuvrer en faveur de
la paix dans le monde. Bref, l’évolution de
l’humanité vers la paix et la fraternité
dépend beaucoup plus de nous que nous ne le pensons
et notre responsabilité face à cette
réalité est particulièrement
importante.
Nous ne pouvons plus considérer notre éventuel
engagement en faveur des grandes causes de notre
époque comme se réduisant à
l’effet que produit une goutte d’eau dans la mer
car notre pouvoir est immense : il dépasse le
cadre de notre action personnelle parce qu’il
représente aussi une façon de penser nouvelle,
un mode de vie différent. Même si nous
n’accomplissons pas encore de grandes choses en faveur
de notre prochain, notre simple préoccupation de son
sort influence ceux à qui nous en parlons, parents,
amis, relations de travail etc. De sorte que sans le savoir,
nous pouvons participer activement à resserrer les
liens entre les êtres humains et, peu à peu,
à installer, dans les esprits, le souci de nos
semblables au rang des priorités.
Alors qu’il nous est de plus en plus facile de faire
connaître notre opinion par le biais de
l’Internet et de la diffuser au-delà des
frontières, il nous faut prendre conscience à
la fois de l’ampleur de nos responsabilités et
des moyens dont nous disposons pour les assumer. Il
n’est plus temps de nous lamenter sur la
négativité du monde, sur sa violence et sa
méchanceté : le moment est venu de
participer directement à l’élaboration
d’une conscience nouvelle en communiquant aux autres
notre façon de voir les choses et en apprenant peu
à peu à lui donner forme. Aujourd’hui
plus que jamais, la Paix est notre affaire et pas seulement
celle des grands de ce monde.
Geoffroi
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