Il
y a la maladie de la « vache folle », la question
des organismes génétiquement modifiés
(O.G.M.). Il y a l'affaire des dioxines, puis celle des
boîtes de Coca-Cola. Et maintenant, il y a
l'interdiction d'importer les « bœufs aux
anabolisants » en provenance des Etats-Unis... Inutile
de prolonger cette énumération : nous l'avons
compris, l'industrie agro-alimentaire nous réserve
quelques scandales dont nos médias pourront se
délecter dans la décennie à venir.
Quelles en seront les conséquences ? Tout d'abord des
procès aux retentissements internationaux sous la
poussée des associations regroupant les victimes de
ces abus inimaginables. Ensuite, un changement dans le
comportement des consommateurs qui induira le
développement de l'agriculture biologique
pratiquée par des entreprises artisanales. Enfin, une
prise de conscience verra le jour en faveur du respect de
l'environnement, du monde animal... Et peut-être que
les humains commenceront à éprouver un peu
d'Amour pour cette planète qui les supporte.
Une précision s'impose : le but de cet article n'est
pas de causer des peurs alimentaires chez nos lecteurs mais
d'attirer leur attention sur un problème connu depuis
longtemps. De plus, les scandales évoqués plus
haut sont de notoriété publique et leur
gravité doit suffire à nous inciter à
la plus extrême prudence en matière de
consommation de viande et de maïs, par exemple.
Mais allons plus loin et recherchons les raisons
spirituelles qui expliquent que nos sociétés
soient confrontées à une telle crise. Elles
tiennent en un mot :
« consommateur ». Oui, cette
insuffisance d'Amour que nous avons pour nous-mêmes se
traduit dans notre comportement de consommation. Autrement
dit, nous prenons et nous jetons. Cela est vrai même
avec ceux que nous croyons aimer : nous prenons chez eux ce
qui nous intéresse et nous apporte du plaisir, puis
nous les jetons. Concernant notre alimentation, nous voulons
déguster une viande savoureuse, un bon vin, un
fromage réputé mais nous n'avons ni le temps
d'attendre ni l'envie de payer le prix fort. Nous ne sommes
pas prêts non plus à faire le moindre effort
pour changer nos habitudes, qu'elles soient alimentaires ou
autres.
Ainsi engagés dans une voie de routine, la remise en
question de nos comportements et le changement ne se feront
qu'au prix d'avertissements graves : problèmes de
santé ou professionnels, problèmes familiaux
ou de couples. Le tableau n'est pas réjouissant...
Mais c'est nous qui tenons le pinceau et rien ne nous oblige
à copier sur nos voisins pour réaliser une
œuvre de création qui devrait être
unique.
Notre vie de consommateur est en opposition avec la Vie :
celle-ci nous indique perpétuellement la voie du
dépassement de soi, de l'effort, de la patience et du
don. Or, nous vivons dans une civilisation
développée et riche tandis qu'une grande
partie de la Terre connaît famine et pauvreté :
même si cet exemple n'a pas pour but de susciter en
nous un sentiment de culpabilité (stérile et
vain), nous ne pouvons ignorer cette réalité
qui ne peut qu'avoir de lourdes conséquences sur le
plan spirituel, au niveau de la fraternité qui
réunit tous les êtres comme les cellules d'un
seul corps.
Il est donc à souhaiter que toutes ces affaires nous
amènent à comprendre peu à peu que nous
sommes assez ignorants de ce qui est bon pour nous : ayant
l'habitude de plaisirs limités, nous nous
restreignons à ceux-ci parce que nous sommes
naturellement très influencés par la
société dans laquelle nous vivons. Ainsi, nous
avons l'habitude d'aller au plus facile. Et lorsque nous
arrêtons de jouer avec notre vie et celles des autres
: nous sommes malheureux.
Alors, plutôt que d'en arriver là,
tournons-nous vers les autres et remercions-les pour ce
qu'ils nous donnent. Cela nous donnera envie de nous
consacrer davantage à eux, pour notre plus grand
bien. Remercions aussi la Vie pour ses bienfaits sans fin.
Et si nous ne voyons vraiment aucune raison de la remercier,
cela signifie qu'à l'intérieur de nous, il
fait très sombre.
Geoffroi
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