Ehud
Barak vient d'être élu premier ministre par le
peuple israélien. Après deux années
pendant lesquelles le processus de paix avec les
palestiniens a été mis à mal, on se
reprend donc à espérer. Certes, les partis
religieux ont remporté un certain succès mais
la population semble montrer, sinon un authentique
désir de paix, tout au moins une lassitude à
l'égard de cette haine entretenue par des individus
dont la seule motivation est le pouvoir.
Parallèlement, l'Occident montre lui aussi des signes
de mécontentement relativement à
l'intervention de l'OTAN. Du côté serbe, des
manifestations en faveur de la fin du conflit ont eu lieu
dans les principales villes tandis que les soldats
commencent à déserter...
Bref, à une époque où «
communiquer » est le maître mot, il devient de
plus en plus difficile de faire avaler certaines couleuvres
aux opinions publiques. Les moyens modernes de communication
nous mettent en contact quotidien avec nos semblables,
qu'ils se trouvent en Europe, aux Etats-Unis ou au Japon. Il
est parfois de bon ton de critiquer le progrès
technologique et d'y voir un danger pour les rapports
humains. Autant cela peut être évident, dans le
cas d'un abus de télévision par exemple,
autant cette appréciation peut être absurde
dans d'autres domaines comme celui de l'Internet. En
d'autres termes, plus les individus ont à leur
disposition des outils favorables à la communication,
plus leurs conditionnements ont de chance de s'estomper
parce qu'une certaine ouverture à l'autre leur
devient naturelle.
Pour autant, ce ne sont pas les nouvelles technologies de
communication qui sauveront l'humanité : chez des
êtres fragiles psychologiquement, la confrontation des
idées les conduit vite à radicaliser leur
position. C'est un effet pervers que l'on perçoit
bien dans les forums de discussion électroniques.
Dès qu'un individu se heurte à un foisonnement
d'idées nouvelles, il est tenté d'adopter des
positions abruptes et de se réfugier derrière
ses frontières culturelles, ses traditions. Cela
montre à quel point nous vivons repliés sur
nous-mêmes, lents à nous remettre en question
mais prompts quand il s'agit de faire valoir nos
opinions.
La communication n'a rien à voir avec tout cela :
réduite à un affrontement permanent
d'idées, elle n'est plus que bruit. La communication
est un échange dans un but précis qui est de
rapprocher les êtres, de les réunir en vue
d'une action commune. Ainsi perçue, la communication,
par le biais des moyens modernes, est une chance
extraordinaire pour la fraternité en ce monde.
Autrement, elle devient un instrument au service du
déversement de l'ego.
Oui, communiquer, c'est véritablement construire
l'harmonie entre les êtres en consolidant sans cesse
le réseau fraternel qui les unit. Il nous faut donc
faire en sorte de communiquer un état d'esprit
positif autour de nous, conscients de la puissance des
moyens qui sont à notre disposition. De plus en plus,
les êtres humains sont insatisfaits des valeurs
véhiculées par leur société ou
leur religion : capables de s'informer par eux-mêmes
et de se bâtir aussi bien leurs propres idées
que leur propre spiritualité, les hommes et les
femmes de notre temps n'accrochent plus guère aux
discours irréels des partis politiques ou des
mouvements religieux. Les sociétés ne sont
plus uniformes : dans le travail comme dans les loisirs, les
êtres se mélangent et se découvrent,
tissant des liens en dehors de leur contexte socioculturel.
De sorte qu'un athée peut s'entendre à
merveille avec un musulman ou un catholique avec un
agnostique en regard d'un domaine particulier.
Qu'est-ce qui est alors le plus important ? Vivre en bonne
intelligence avec autrui ou se séparer parce qu'on se
découvre des vues différentes ? La
fraternité, c'est précisément l'art de
communiquer dans le respect du libre arbitre, sur la base
d'actions accomplies ensemble. Là commence
véritablement l'Amour de l'autre : lorsque l'on
comprend que communiquer, c'est échanger non pas des
idées mais de l'énergie.
Geoffroi
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