En
ce moment, quelque part dans le monde, une femme est battue
à mort, violée puis torturée parce
qu’elle a commis un crime : elle portait un
vêtement « inconvenant » ; peut-être
même manifestait-elle pacifiquement pour faire valoir
ses droits ! Pire, peut-être ne faisait-elle rien.
Rien d’autre que d’être une femme dans un
pays où les droits humains n’existent pas. Oui,
les « droits humains », et non les droits de
l’homme, car seule cette expression peut vraiment
rendre compte de la situation des êtres sur cette
terre en imposant de ne pas oublier toutes celles qui
portent la moitié du monde.
Certains trouveront cette précaution de langage
insignifiante. Elle ne l’est pas : elle dénonce
le sexisme qui prévaut dans les
sociétés humaines quel qu’en soit le
degré de civilisation : en Afghanistan avec les
Taliban, dans les pays africains où l’on
pratique les mutilations génitales ou même au
sein des Nations Unies où les femmes sont
sous-représentées. Lorsque l’on sait que
80 % des personnes déplacées ou
réfugiées sont des femmes et des enfants,
lorsque l’on a en mémoire les viols massifs
perpétrés par les militaires rwandais, lorsque
l’on constate que les femmes et les petites filles sont
souvent privées de soins médicaux et
d’éducation... Comment ne pas avoir envie de
faire au moins un effort de langage par solidarité
spirituelle ?
Aujourd’hui où l’on remet en cause la
notion d’universalité des droits
de l’homme en
prétextant qu’elle est un produit de notre
civilisation occidentale, il est vital de promouvoir les
droits des femmes. Proclamons-le bien haut, leurs droits
sont universels. Il est temps, en effet, que les êtres
comprennent que ce plan d’existence n’est pas
séparé en hommes d’un côté
et en femmes de l’autre. En tant que personnes
humaines, nous sommes touchées et
ébranlées lorsqu’une femme est
persécutée ailleurs sur la planète !
Pourquoi ? Parce que nous sommes reliés subtilement
par le réseau d’ondes de la fraternité
humaine et que, par cette connexité qui se joue des
sexes, nous ressentons, au coeur de notre être, ce
qu’endurent nos frères et soeurs loin
d’ici.
Ceux qui dénient l’universalité des
droits humains sont les premiers à considérer
la femme comme inférieure à l’homme face
à leur loi. Pour justifier cette ignominie, ils se
cachent derrière leur culture et leurs traditions.
C’est pourquoi nous devons montrer l’exemple en
éradiquant de notre quotidien tout ce qui
reflète une différence de traitement entre
l’homme et la femme. Ainsi illustrerons-nous que le
terme de culture ne peut pas s’appliquer à
n’importe quoi : la culture est une construction
positive, un substrat commun aux membres d’une
société sur lequel ils peuvent bâtir un
avenir solide. Lorsqu’il s’agit d’un ensemble
de coutumes qui ne visent pas à l’Union mais
à la séparation, qui ne participent pas
à consolider la famille mais à la fragiliser,
bref qui ne font que semer la déstabilisation dans
une société, ces habitudes négatives ne
méritent pas d’être appelées «
cultures » : elles ne sont que les séquelles des
égarements humains, des maladies à traiter
comme telles.
Comprenons-nous bien : il ne s’agit pas de porter un
jugement méprisant sur des traditions
étrangères (lesquelles peuvent nous en
apprendre en ce qui concerne la fraternité). Il
s’agit seulement de protéger des êtres,
victimes d’abus terrifiants commis au nom de lois
obscures édictées pour l’unique profit de
leurs inventeurs.
Si nous ne souhaitons certes pas un monde uniforme,
protégeons cependant avec vigueur les valeurs
universelles qui seules sont capables de fonder une
communauté humaine : des valeurs qui nous indiquent
que l’équilibre d’une société
naît de l’échange entre les êtres,
que l’enrichissement provient de la
complémentarité et du mouvement permanent vers
ce qui est autre.
Que cette conviction nous conduise donc à nous
engager personnellement pour que les droits des femmes
soient mis en avant au point de devenir le flambeau de tout
ce qui touche aux droits fondamentaux de la personne
humaine.
Geoffroi
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