«Taille
1m75, 73 kg, cheveux noirs, né en 1962,
diplômé en ingénierie
pétrolière, oncle alcoolique, mère
allergique à la pénicilline. L’individu
est un bon nageur. Il sait réparer des motos et faire
des puzzles. Il joue aussi de la guitare et aux
échecs. Il parle le portugais, l’espagnol,
l’anglais et le français... Il se décrit
lui-même comme étant sérieux. Son
ambition dans la vie ? Apprendre et expérimenter
le plus de choses possible. »
Ce descriptif se trouve sur le catalogue d’un centre de
technologies de la reproduction en Californie. Les personnes
ainsi décrites, médicalement et
professionnellement, sont des donneurs de sperme. Les
couples peuvent alors choisir les caractéristiques
génétiques de leur futur bébé et
se faire livrer le sperme à domicile. Dans le
même esprit, le « Repository for Germinal Choice
» conserve la semence de certains prix Nobel, de
personnalités éminentes et
d’athlètes de haut niveau. Quelques mamans,
intellectuellement brillantes, ont déjà
donné le jour à ces bébés «
génétiquement supérieurs ».
Déjà, des « scientifiques »
préparent le jour prochain où l’on pourra
jouer, entre autres, avec la couleur de la peau, des yeux et
la musculature de son futur bébé.
Cette question de l’amélioration de la race par
la génétique pose un très vaste
problème : entre les généticiens qui
proposent des bébés à la carte et les
couples en quête légitime de bonheur familial,
où est l’Amour ? Revenons donc, une fois encore,
à des principes simples. L’homme oublie trop
facilement ce qu’il est : un être au pouvoir
créateur illimité, dont il doit user avec
responsabilité c’est-à-dire en se basant
sur ce qui « nourrit » authentiquement
l’homme.
C’est malheureusement dans le domaine majeur de la
procréation que se révèle
l’incohérence humaine. L’homme ne sait pas
pourquoi il donne la vie ! Dans la plupart des cas, le
désir d’avoir un enfant répondant
à tel ou tel critère prend sa source dans un
égoïsme fondamental, un amalgame de frustrations
et de conditionnements. Comment peut-on croire, en effet,
que des parents qui décident d’avoir un enfant
dans de telles conditions lui donnent vraiment l’Amour,
le soutien et la liberté dont il a besoin ?
Les meilleures conditions pour accueillir une âme ne
sont pas de lui éradiquer d’éventuels
défauts génétiques ou de le programmer
à être génial mais de l’entourer
d’Amour bien avant sa conception ! Autrement dit, de
préparer son incarnation par une oeuvre
de conception spirituelle résultant de l’union
de deux êtres.
On peut considérer que, l’Amour n’ayant pas
de limites, il soit possible pour une femme
d’être fécondée par la semence
d’un homme autre que son époux. Mais cela
n’est bon et cohérent que si c’est le
résultat d’une démarche d’Amour
entre des êtres qui se connaissent et qui
s’aiment. Tout est envisageable dès lors que
c’est l’Amour qui préside à une
création. Mais tout devient absurde et dysharmonieux
lorsque les hommes se mêlent de créer en se
fondant sur leurs désirs limités et leurs
frustrations.
La procréation envisagée dans ce contexte
commercial traduit une ignorance totale des
réalités spirituelles :
l’amélioration génétique des races
ne conduit pas à plus de bonheur pour les
êtres, à plus de fraternité. Notre plan
d’existence est celui de la transformation personnelle,
un plan où l’individu acquiert des
qualités qu’il n’a pas en s’ouvrant
aux autres et à la vie. Vouloir donner à un
enfant des prédispositions génétiques
c’est déjà lui indiquer une voie
d’office, lui imposer des choix en déniant
à la vie son harmonie créatrice, en
déniant à l’âme à venir son
propre pouvoir créateur, en se déniant
à soi-même tout pouvoir spirituel par la
confiance aveugle en la technologie.
Nous savons tous que les êtres ne naissent pas avec
les mêmes capacités. Mais nos
sociétés ont décidé que nous
avions tous les mêmes droits et cela est juste. Elles
reconnaissent ainsi, implicitement, que nous sommes tous
égaux par la présence divine en chacun qui
constitue notre pouvoir créateur : pouvoir
d’aimer et de donner.
Geoffroi
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