Un
mois. 33 jours exactement pendant lesquels la France
entière et, à travers elle, toute la
planète, vibre autour d’un ballon rond... Un
ballon qui soulève tant de controverses qu’il
serait impossible d’en faire le tour : il y a les
supporters fanatisés, les boycotteurs de
l’événement, les revendeurs au
marché noir... Certains dénoncent le
coût important de la fête. D’autres
s’irritent contre ce qu’ils considèrent
comme de l’abêtissement des esprits. Et puis, il
y a ceux qui craignent la violence des stades où
règnent parfois racisme, antisémitisme, haine
de l’autre...
On peut être scandalisé, à juste titre,
des dépenses occasionnées par un tel
déploiement de spectacles. On peut déplorer
que les bénéfices qui en ressortiront ne
soient distribués qu’à un petit nombre.
Pourtant, il y a du positif dans cette coupe du monde et il
est bon de s’y intéresser.
Comment, en effet, ne pas être attiré par un
événement qui fascine un si grand nombre
d’êtres humains ? C’est là que
réside la force du football : il réussit
à passionner le monde entier. Et ce sont des
milliards d’hommes et de femmes qui vont tourner leurs
yeux et leur coeur dans une même direction, au
même moment. Ce sont des millions d’adolescents
qui vont rêver aux exploits de Ronaldo, des millions
d’âmes prises par une irrésistible envie
de se dépasser.
Mon Dieu ! Le football réussit là où
les religions échouent ! Bien sûr, il y aura
des déçus, des perdants... Bien sûr, il
y aura de l’agressivité, de la colère,
des gestes déloyaux... Mais peu importe les scores
pour celui qui ne prend pas partie mais voit l’harmonie
en toutes choses : quoi qu’il arrive, nous ressentirons
de la joie pour les vainqueurs et de la compassion pour les
perdants. Quoi qu’il arrive, les coeurs resteront
fidèles au football, au « dieu du foot
».
Sacrilège, diront certains. Fraternité,
pouvons-nous répondre car c’est bien de cela
qu’il s’agit. Pendant un mois,
l’humanité va s’intéresser à
une même chose : riches et pauvres vont se trouver
réunis. Chrétiens, musulmans, athées,
bouddhistes, animistes vont « prier » dans le
même sens. Tous ensemble, les hommes vont
découvrir la vanité des émotions et la
vérité de la vraie joie : celle du plaisir
partagé. Vainqueurs et perdants d’un jour
échangeront leurs maillots...
Fraternité, oui. C’est d’elle dont nous
avons besoin, c’est elle qui nous attire, c’est
elle qui nous porte parce qu’elle nous offre
l’énergie surmultipliée de milliards
d’âmes communiant à une même chose.
Alors, que Dieu nous pardonne de Le voir sous la forme
d’un humble ballon ! Mais comme il est bon de
s’unir pour quelques temps et quel qu’en soit le
motif dès lors qu’il n’y a pas de
négativité à l’origine.
Déjà, lorsque l’homme a marché sur
la lune, il y eut sur terre un même élan.
Aujourd’hui, cette coupe du monde apporte sa part
d’espérance : un jour, les hommes seront
capables de se réunir pour d’autres « buts
». Ils déploieront autant d’énergie,
mais pour des causes plus nobles. Le jeu cédera la
place au travail en commun. Le désir
d’être le premier se métamorphosera en
volonté d’évoluer sans cesse. Et les
nations voudront alors conquérir le titre de champion
de la paix et du respect des droits de l’homme...
Dans le coeur de ceux qui cherchent la voie d’Amour et
qui travaillent coûte que coûte à
réunir l’humanité éclatée,
la coupe du monde de football apporte une lumière
d’espoir, une lumière scintillante qui aveugle
et dérange un peu car elle est recouverte de
paillettes inutiles : mais une lumière tout de
même, qui nous indique, une fois encore, qu’il
faut être ingénieux en Amour, qu’il faut
dépasser nos conditionnements.
Rien ne se fait de parfait en ce monde. Il faut oeuvrer avec
ce que l’on a. Football, jeux olympiques, voyages dans
l’espace : tout ce qui peut faire avancer la conscience
de la Fraternité est positif. Tout ce qui peut faire
naître dans les esprits le besoin de se donner est
porteur d’avenir et de Vie : la Vie contenue dans une
autre coupe, la seule véritable Coupe du Monde
qu’il faille absolument remporter, le Saint Graal en
notre cœur.
Geoffroi
 |
|
|