Aimer avec constance, voilà notre seul critère et notre seul
moyen pour nous accomplir. Quelle évidence me direz-vous ! Et
pourtant, loin de savoir témoigner quotidiennement le meilleur
de nous, il nous arrive souvent de faire porter aux autres notre
négativité et d'être ainsi responsables de relations parfois
malsaines, souvent médiocres.
Il est vrai que les déstabilisations de l'enfance génèrent
la plupart de nos comportements négatifs. Par exemple, un manque
d'affection dans le passé nous amène parfois à trop attendre
de l'autre et notre besoin de recevoir peut finalement occulter
notre désir de nous donner, de créer. De même,
si nous avons manqué de repères, si personne n'a su nous
communiquer le respect et l'amour d'autrui, il est très
probable que nous soyions prédisposés à donner
la priorité à nos désirs personnels et à mal supporter qu'il
en soit autrement.
Il n'est donc pas étonnant que nos manques resurgissent dans
notre vie d'adulte, et notamment au sein de notre couple, sous
forme de nervosité, de violence parfois, mais aussi de renoncement,
d'inertie... Il n'est pas plus surprenant que l'autre devienne
par moment l'exutoire de nos imperfections, voire, à
nos yeux, le seul responsable de nos tourments.
Alors pourquoi ne pas chercher à dissiper cette négativité
qui s'insère insidieusement dans nos relations et en
particulier dans notre vie de couple ? Il semble que sans pour
autant plonger avec notre conjoint dans la froideur des rapports
intellectuels et analytiques, il soit bon de prendre l'habitude
de nous interroger l'un l'autre sur nos attitudes et réaliser
le caractère destructeur de certaines d'entre elles. Oui, il
est bon de nous encourager mutuellement à nous contrôler
en toutes circonstances, de prendre le temps de parler de nos
difficultés bref, de nous unir dans l'écoute et la compréhension.
C'est ainsi que nous apprenons à porter un regard neuf
sur l'ensemble de nos manques comme sur tous les êtres qui s'y
trouvent impliqués. C'est ainsi que tout notre être peut se
soigner, s'élever et s'épanouir.
Notre équilibre, aussi bien personnel que relationnel, dépend
de cette démarche responsable qui nous réconcilie avec le passé
dans une rencontre avec l'Autre, nous aide à relativiser nos
difficultés actuelles et à les considérer comme autant de tremplins
pour notre évolution.
Nos relations avec autrui ne doivent pas être le jouet
de notre négativité mais le fruit de notre conception
spirituelle de l'existence, de notre désir de progresser
en cordée : le fruit d'une construction quotidienne fondée
sur le dialogue, l'écoute et la création commune.
Pascale
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