fraternet.com


Être


J'imagine souvent quelques petits anges planant au-dessus de nos têtes et je me dis que derrière leur regard compatissant, ils éprouvent sans doute une certaine tristesse de nous voir appréhender l’existence, tels des équilibristes apeurés se projetant sans relâche vers de meilleurs lendemains. Car nous savons bien que même si l’espérance et le désir de progresser sont des sentiments positifs, inhérents à notre nature profonde, nous manquons trop souvent le rendez-vous du présent avec tout ce qu’il comporte comme possibilités d’évolution et de bonheur.
Il est vrai que le système social dans lequel nous évoluons nous pousse perpétuellement à craindre l’avenir et, ainsi, à n’utiliser le présent que pour prévoir et même nous acheter un “futur” rassurant. Ce qui nous place paradoxalement dans un état de mal-être constant avec notre environnement et avec notre nature profonde qui désire avant tout exister pleinement “ici et maintenant”. Mais le fait est que nous acceptons de cohabiter avec ce paradoxe comme s’il était le garant d’un futur mieux-être. Voilà les méandres dans lesquels notre mental se complaît et nous empoisonne la vie présente… et forcément future !

Ce conditionnement est d'autant plus ancré en nous que nous considérons les soucis face à l’avenir comme autant de preuves de maturité et même d’amour. Il nous semble, par exemple, être de bons parents responsables dès lors que nous nous faisons du souci pour l’avenir de nos enfants ; alors que cette projection quotidienne prend souvent sa source dans une culpabilité à ne pas être suffisamment présents...
Et quand bien même nous comprenons la nécessité de refuser les soucis, conscients de ce qu’ils polluent notre existence, nous gaspillons encore trop d’énergie et de temps à espérer plus de ceci ou de cela. Ce qui nous empêche d’apprécier déjà ce qui nous est donné et de vivre intensément chaque situation qui se présente à nous.

Alors pourquoi ne pas essayer de rompre avec ces conditionnements qui nous placent en perpétuel décalage avec la vie ? Lorsque Jésus-Christ a dit “à chaque jour suffit sa peine”, ce n’est pas l’inconscience qu’il a prêchée mais bien l’insouciance : cette forme élevée de la conscience qui relève d’un état de confiance active et créatrice. Ce qui nous amène bien sûr à dépouiller le mot “confiance” de tous les préjugés négatifs dont il a été affublé depuis des lustres...

En somme, il ne faut pas plus appréhender le futur par la peur que par l'irresponsabilité. L'état de bien-être que nous recherchons dépend de la trajectoire que nous donnons à notre vie à l'instant présent ; il est pour maintenant dès lors que nous désirons évoluer dans une optique de création et non de crainte ou de renoncement. D’une manière générale, il nous faut trouver un équilibre intérieur sur le fil de la vie en évitant de projeter notre ego dans l’avenir qui n’est rien d’autre qu’un “futur présent”. Nous réaliserons alors que ce fil n’est peut-être qu’une illusion qui dissimule la réalité d'une Harmonie qui nous habite et nous entoure…

Pascale Contact

 



Abonnement à l'Info
Les infos sélectionnées par l'équipe
de Fraternet (newsletter gratuite)


Abonnement à l'Hebdo
Les meilleurs textes du site Fraternet
(newsletter gratuite)


http://www.fraternet.com - Copyright © 2000 - 2002 Les Chemins D'En Haut - Tous droits réservés.