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J'imagine souvent quelques petits anges planant au-dessus de
nos têtes et je me dis que derrière leur regard
compatissant, ils éprouvent sans doute une certaine tristesse
de nous voir appréhender lexistence, tels des équilibristes
apeurés se projetant sans relâche vers de meilleurs
lendemains. Car nous savons bien que même si lespérance
et le désir de progresser sont des sentiments positifs,
inhérents à notre nature profonde, nous manquons
trop souvent le rendez-vous du présent avec tout ce quil
comporte comme possibilités dévolution et
de bonheur.
Il est vrai que le système social dans lequel nous évoluons
nous pousse perpétuellement à craindre lavenir
et, ainsi, à nutiliser le présent que pour
prévoir et même nous acheter un futur
rassurant. Ce qui nous place paradoxalement dans un état
de mal-être constant avec notre environnement et avec
notre nature profonde qui désire avant tout exister pleinement
ici et maintenant. Mais le fait est que nous acceptons
de cohabiter avec ce paradoxe comme sil était le
garant dun futur mieux-être. Voilà les méandres
dans lesquels notre mental se complaît et nous empoisonne
la vie présente
et forcément future !
Ce conditionnement est d'autant plus ancré en nous que
nous considérons les soucis face à lavenir
comme autant de preuves de maturité et même damour.
Il nous semble, par exemple, être de bons parents responsables
dès lors que nous nous faisons du souci pour lavenir
de nos enfants ; alors que cette projection quotidienne prend
souvent sa source dans une culpabilité à ne pas
être suffisamment présents...
Et quand bien même nous comprenons la nécessité
de refuser les soucis, conscients de ce quils polluent
notre existence, nous gaspillons encore trop dénergie
et de temps à espérer plus de ceci ou de cela.
Ce qui nous empêche dapprécier déjà
ce qui nous est donné et de vivre intensément
chaque situation qui se présente à nous.
Alors pourquoi ne pas essayer de rompre avec ces conditionnements
qui nous placent en perpétuel décalage avec la
vie ? Lorsque Jésus-Christ a dit à chaque
jour suffit sa peine, ce nest pas linconscience
quil a prêchée mais bien linsouciance
: cette forme élevée de la conscience qui relève
dun état de confiance active et créatrice.
Ce qui nous amène bien sûr à dépouiller
le mot confiance de tous les préjugés
négatifs dont il a été affublé depuis
des lustres...
En somme, il ne faut pas plus appréhender le futur
par la peur que par l'irresponsabilité. L'état
de bien-être que nous recherchons dépend de la
trajectoire que nous donnons à notre vie à l'instant
présent ; il est pour maintenant dès lors que
nous désirons évoluer dans une optique de création
et non de crainte ou de renoncement. Dune manière
générale, il nous faut trouver un équilibre
intérieur sur le fil de la vie en évitant de projeter
notre ego dans lavenir qui nest rien dautre
quun futur présent. Nous réaliserons
alors que ce fil nest peut-être quune illusion
qui dissimule la réalité d'une Harmonie qui nous
habite et nous entoure
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Pascale 
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