Trouble de la personnalité qui nous affecte tous plus ou moins,
la timidité est souvent synonyme d’isolement et constitue de
ce fait une entrave certaine à notre épanouissement personnel.
Aborder quelqu’un, affronter le regard des autres, prendre la
parole en public n'est facile pour personne. Et même si nous
parvenons avec le temps à dissiper notre timidité, il est plus
difficile de soigner le trouble profond qui la génère : l’angoisse
de ne pas être à la hauteur, d’être jugés et finalement mal
aimés. Car le timide est réellement obnubilé par l’idée d’être
accepté, d'être reconnu, faute de se connaître
et de s’aimer suffisamment lui-même. C'est pourquoi il vit essentiellement
dans le regard des autres.
Pour lui, prendre la parole constitue donc une véritable prise
de risque de sorte qu’il finit bien souvent par fuir les contacts
et s’enfermer dans sa torpeur. Et donnant malheureusement à
son entourage l’image d’un être résolument replié sur
lui-même, indifférent au sort des autres et peu disponible,
il génère parfois ce qu’il redoute le plus : le désintérêt d’autrui.
Mais plutôt que vivre en victime d'un monde hostile,
pourquoi ne prendrait-il pas l'habitude d'oublier un tant soi
peu ses sensations et ses propres besoins en s’intéressant réellement
aux autres ? Pourquoi ne déciderait-il pas d'aller quotidiennement
à la rencontre de l'Autre et sortir ainsi de son ghetto
?
Timides ou non, nous avons tous besoin d’écoute, de reconnaissance,
de compréhension, d’échange… Et comme nous recevons toujours
à la mesure de ce que nous donnons, pourquoi ne pas prendre
le risque de donner à l’autre ce que nous aimerions recevoir
?
Difficile certes puisque nous n'avons pas vraiment confiance
en notre potentiel créateur, en cet “être divin” que
nous sommes et qui désire aller vers l’Autre et assumer les
échecs comme les victoires, bref, vivre !
Qu’est-ce que la timidité sinon une insuffisance d’ouverture
au monde, un manque d'incarnation et de conscience de sa propre
nature illimitée ? Se connaître, s’aimer et avoir confiance
en soi n’est-ce pas d’abord aimer cette incarnation que nous
avons choisie et assumer ce choix en prenant les risques qui
s’imposent ? C'est bien en se tournant vers l'Autre que le timide
pourra parvenir à trouver sa place, son identité, son “utilité”
spirituelle.
Non, la vie ne nous demande pas de nous jeter dans des “eaux
glacées” mais de chasser en nous tout ce qui fait obstacle à
notre véritable personnalité et offrir, à ceux qui le désirent,
ce que nous sommes et ce que nous devenons.
Finalement, contrairement à ce que pense le timide, il n'est
pas question d'apprendre à s’imposer aux autres par une mise
en avant artificielle peu propice à l’échange créateur et l'épanouissement
personnel mais d'apprendre à se donner subtilement. Car les
fleurs qui attirent le regard et invitent le passant à l'échange
ne sont pas toujours celles qui s’imposent par leur taille et
leur couleur mais souvent celles qui rayonnent par leur discrétion
et le parfum singulier qu’elles libèrent.
En fait, nous sommes tous invités à communiquer subtilement.
Nous sommes tous conviés à nous adapter aux autres et aux situations
pour créer sans cesse de nouvelles formes d’échanges indispensables
à notre accomplissement et à celui d’autrui.
Pascale
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