Un manque, un traumatisme de l’enfance, un handicap plus ou
moins conséquent, une souffrance physique ou morale… Nous avons
tous quelque chose de particulièrement lourd à porter, nous
avons tous au fond de notre âme un S.O.S. à lancer, le désir
d’être enfin libérés. Et quoi de plus normal puisque notre nature
profonde n’aspire qu’à l’harmonie ! L’harmonie à travers la
santé, les relations amicales, l’union avec ceux que l’on aime,
l’équilibre, la paix intérieure...
Aussi, selon la nature du poids à porter et le niveau de conscience
de celui qui le porte, le libérateur prend le visage d’un ami,
d’un psychologue, d’un médecin ou d’un maître spirituel. Bref,
tant qu’une personne incarne à nos yeux l’espoir d’une vie meilleure,
nous sommes d’accord pour porter notre croix sur le chemin de
la Vie qui prend alors tout son sens.
“Porter sa croix”, voilà une expression qui nous projette auprès
de celui qui porta le plus lourd de tous les fardeaux : le poids
de la négativité humaine. Alors dirigeons un instant nos regards
vers Jésus croulant sous le poids de la croix puis vers Jésus
ressuscité et nous comprendrons que le Libérateur ne nous a
pas seulement exhortés à porter nos poids en cultivant l’espoir
d’un jour meilleur mais à faire de notre croix un marchepied,
un tremplin vers un autre état de conscience. Car si nous tournons
à nouveau nos regards vers Jésus criant son désespoir avant
de se laisser submerger par l’Amour de son Père, nous réalisons
que c’est dans la difficulté que nous nous ouvrons aux autres,
au Divin qui est en eux. Car le cœur de l’homme s’est ainsi
endurci qu’il lui faut peiner, voire souffrir, pour s’ouvrir
à une autre vision de la vie et abandonner par-là même tout
ce qui l’emprisonnait : son orgueil, ses convictions limitées,
ses désirs égotiques, ses craintes…
Mais rien de ce que nous vivons et portons n’est étranger à
notre désir de nous dépasser, de nous construire. Aussi, plutôt
que de chercher à nous libérer de notre croix par le refus,
la fuite ou les solutions radicales et limitées, il nous faut,
non pas nous résigner à la fatalité, mais accepter de marcher
avec Jésus et accueillir notre fardeau en comprenant qu’il porte
en lui-même la clé de notre libération. Force intérieure, créativité,
détachement, Amour de soi, ouverture aux autres, prises de consciences
positives… sont les fruits de cette acceptation, de cet acte
de confiance et de foi face à l’adversité. Car c’est précisément
dans cet abandon créateur que résident le dépassement et l’allégement
spirituel. C’est cette ouverture de l’esprit qui permet au Divin
de submerger nos cœurs et qui nous permet de reconnaître Sa
main à travers tous ceux qui Le manifestent et que nous “voyons”
lorsque nous avons fait un pas dans la bonne direction. Le fait
que certaines personnes malades, handicapées ou dépressives
rencontrent le thérapeute exceptionnel ou l’âme sœur inespérée
n’est pas le fait du hasard mais celui d’une ouverture spirituelle,
d’une guérison spirituelle.
En fin de compte, ce n’est pas la souffrance qui nous élève
mais l’abandon créateur qu’elle suscite. Car Jésus ne nous a
pas demandé de souffrir pour évoluer, il s’est offert pour élever
nos consciences et nous redonner la possibilité de choisir :
choisir de grandir par Amour et non par la force des épreuves.
Puisse l’Esprit Saint, qu’Il nous a envoyé à cette fin, devenir
pour chacun d’entre nous une réalité quotidienne !
Pascale
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