La décision d’enfanter est une étape décisive dans la vie d’une
femme. Elle découle généralement du désir profond de s’épanouir,
d’offrir au conjoint aimé le moyen d’engendrer et, dans l’idéal,
de faire fructifier l’union avec lui par une création commune.
Et quelle création puisqu’il s’agit de permettre à une âme de
prendre chair et de progresser sur le chemin de la Vie !
Evidemment, plus l’Amour est à l’origine de cette décision,
plus l’âme accueillie aura de chance de trouver, en elle, force
et équilibre, et plus elle sera source d’harmonie pour son entourage.
Aussi, l’important n’est pas tant de donner la vie que de la
donner dans les meilleures conditions possibles.
Dans cet esprit, il est impensable de contraindre une femme
à enfanter ou de la blâmer si elle refuse d’assumer ses responsabilités
face à une maternité non désirée. D’autant que c’est de l’équilibre
psychique et spirituel de son futur enfant que dépendra celui
de bien d’autres personnes et ainsi de suite... Autrement dit,
la prohibition juridique ou éthique de l’avortement constitue
une atteinte à la liberté individuelle et, par-là même, à l’intégrité
de l’humanité.
Aussi, il est vain d’utiliser l’arme de la culpabilité alors
que celle-ci n’a jamais favorisé le développement d’une force
intérieure nécessaire pour assumer les épreuves ni changé les
statistiques dans le bon sens. Si les militants anti-avortement
aspirent vraiment à la défense des plus vulnérables, ils doivent
s’attacher à promouvoir le respect du libre arbitre de celles
qui en sont responsables et, surtout, concevoir l’éducation
spirituelle des enfants comme le seul moyen de les responsabiliser,
notamment, face au caractère sacré de l’union physique...
Que pouvons-nous dire à cette femme à laquelle personne n’a
su donner les moyens de grandir ni l’envie et la force d’accueillir
les épreuves comme des faveurs ? Que pouvons-nous dire à cette
femme du Rwanda violée et reviolée ? Aurons-nous l’indécence
de leur asséner brutalement des dogmes rigides fussent-ils les
plus élevés ? Certes non. Nous ferons d’abord ce que le Père
fait pour nous : combler les manques d’Amour par de la compassion.
Aussi, le problème de l’avortement ne porte pas seulement sur
le statut moral de l’embryon ni sur ce fameux “respect de la
Vie” tant évoqué par ceux qui n’ont pas compris que ce respect
implique, précisément, celui de la liberté de conscience et
l’obligation de ne pas inculquer aux autres ses propres convictions.
Car, si Notre Père nous appelle à responsabiliser autrui, il
nous demande de le faire avec subtilité et Amour.
Nous devons respecter la vie, certes oui. Nous devons tout mettre
en œuvre pour la préserver, encore oui. Mais il est une réalité
supérieure qui humanise toute vérité : l’Amour tout puissant
et miséricordieux qui porte et soutient celui qui déclare forfait.
Si nous voulons plus d’harmonie en ce monde, nous devons porter
l’inconscience, la négativité ou le désespoir de ceux qui nous
entourent afin de créer, entre eux et nous, un courant d’Amour
bienfaiteur propice aux prises de consciences positives. En
somme, le problème de l’avortement concerne bien l’évolution
générale de l’humanité...
Alors, essayons d’être un réel soutien pour celles et ceux qui
sont dans la difficulté afin de les exhorter à se dépasser et
pour que l’âme non désirée puisse le devenir, par la force de
l’Amour ou bien se réincarner, plus tard, dans de meilleures
conditions. Portons en accordant à l’autre notre confiance et
notre Amour inconditionnel, portons pour mieux responsabiliser : « Plutôt
que de maudire les ténèbres, allumons une chandelle, si petite
soit-elle. » Confucius.
Pascale
 |
|
|