Il suffit d’évoquer notre adolescence pour ressentir passer
en nous ce souffle de vie inexprimable que nous avons bien connu
: cette allégresse indicible liée à l’éveil de la conscience.
Car c’est bien l’ouverture au monde et aux autres qui nous a
fait connaître la joie de nous découvrir uniques, désireux et
capables d’interagir avec notre environnement.
Aller vers l’autre, donner et recevoir de lui, prétendre à un
idéal, s’illimiter… telles sont les aspirations profondes de
l’adolescent qui exprime son désir de naître et de participer
à ce monde par sa transformation physique et psychique comme
par son besoin pressant de sortir du cocon familial et de légitimer
son droit de vivre, de penser, de choisir et d’aimer.
En fait, l’âme en effervescence n’a qu’un seul dessein : exercer
son pouvoir créateur en apprenant à s’engager par elle-même
sur le chemin de l’évolution. Malheureusement, l’adolescent
est souvent bien loin de percevoir clairement cette réalité
tant le fossé qui sépare sa conscience de son être profond est
grand. Il est vrai que le manque d’Amour et de spiritualité,
inhérent à nos sociétés, est responsable de ce fossé de sorte
que l’on ne retient de l’adolescence que les symptômes d’une
crise hormonale et existentielle. “Il faut que jeunesse se passe”
dit le dicton, reflet de notre difficulté à considérer l’adolescence
comme une période sacrée d’éveil à l’Amour, un éveil au Divin
qui nous rappelle en notre “âme et conscience” que nous sommes
aimés de l’intérieur et que, par Sa présence en nos cœurs, nous
avons toutes les raisons de nous aimer nous-mêmes et toute l’énergie
pour aimer autrui. Mais comment l’adolescent peut-il reconnaître
cet appel d’Amour s’il n’a pas suffisamment connu l’Amour ?
Comment peut-il avoir confiance en lui si personne ne l’a suffisamment
valorisé ?
Nous savons combien l’environnement affectif de l’adolescent
est décisif pour sa stabilité actuelle et future. Et nous savons
aussi qu’il n’y a pas de véritable stabilité sans épanouissement
spirituel. Pourtant, nous occultons souvent cette réalité préférant
miser son avenir sur ses résultats scolaires, ses fréquentations
ou encore sur ses atouts physiques… Lui qui devrait entendre
régulièrement, de la bouche de ceux qu’il aime, que Dieu est
Amour et qu’il a fait Sa demeure dans le cœur de chacun, que
le but de l’incarnation est d’apprendre à aimer et à se rapprocher
ainsi de Lui qui est harmonie. Lui qui devrait être encouragé
à ne pas subir les épreuves mais à les considérer comme des
occasions de se dépasser…
Il est clair que le développement spirituel d’un enfant devrait
aller de paire avec son développement physique et sa maturité
sexuelle, signe évident de son besoin d’exercer de manière responsable
son pouvoir créateur d’Amour et de vie.
Non, bien sûr, il ne faut pas que jeunesse se passe mais que
les adultes qui en ont la responsabilité se réveillent de leur
propre sommeil, qu’ils retrouvent un idéal et le communiquent
à cette humanité de demain non seulement par des paroles et
des manifestations d’Amour mais par une façon de vivre, par
un engagement sincère en faveur du monde et du prochain. Il
faut que les adultes élèvent leur conscience vers une vision
plus illimitée de l’existence et prennent enfin la voie d’Amour
qu’ils n’ont pas pu choisir à l’adolescence faute d’avoir eux-mêmes
manqué de repères et de motivations.
« Vivre, c’est aider les autres à vivre » disait Raoul Follereau...
Voilà notre plus grande responsabilité face à l’adolescent :
lui communiquer un idéal en lui montrant le chemin de la vraie
vie et du vrai bonheur.
Pascale
 |
|
|