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Euthanasie


C'est lorsque nous sommes confrontés à l’agonie d’un être aimé que la mort peut nous apparaître comme l’ultime et suprême moyen de délivrance. La compassion est bien sûr l’argument majeur que nous brandissons pour justifier notre besoin de mettre un terme à une situation jugée absurde. Mais, en réalité, la raison profonde de notre impatience est beaucoup plus souvent liée à notre propre refus d’assumer les difficultés.

S’il est souhaitable de tout mettre en œuvre pour soulager la souffrance d’autrui et l’aider ainsi à porter sa croix, il est d’abord indispensable que nous cessions de considérer son épreuve comme une absurdité. Les âmes s’incarnent pour apprendre à aimer et à se rapprocher ainsi de Dieu qui est Amour. Et le moment de “partir” est souvent l’ultime occasion terrestre de s’ouvrir à l’Autre dimension…

Aussi, avant de savoir s’il est souhaitable ou non de donner la mort à un être qui semble la demander ou de débrancher les appareils respiratoires d’une personne maintenue en vie artificiellement, nous devrions d’abord élever notre vision de la vie, de la souffrance et de la mort. Si nous étions beaucoup plus conscients que rien de ce que nous vivons n’est extérieur à notre volonté profonde, le désarroi d’un proche ne serait plus seulement appréhendé à la lumière de nos émotions, de la médecine, des lois ou de la religion mais à celle de notre divine conscience.

De quoi donc a besoin le nouveau-né pour sortir du sein maternel sinon d’une énergie de vie ? Lui donnerions-nous la mort dès lors que nous pourrions percevoir son besoin d’en “finir” ? Il n’en va pas autrement pour celui qui se trouve entre la vie et la mort : c’est d’une énergie d’Amour dont il a besoin pour trouver la force de dépasser son épreuve et décider, alors, de poursuivre son évolution en ce monde ou de quitter ce plan. Enfin, où se trouve cette énergie d’Amour sinon dans la maîtrise et l’abnégation de ceux qui entourent le souffrant, dans leurs prières, leurs paroles, leur positivité comme dans les soins qui visent à le soulager ?

Cessons de parler d’absurdité devant les épreuves car rien de ce que nous vivons n’échappe à l’harmonie divine. Ce qui est absurde, c’est de vouloir stéréotyper, moraliser et légiférer un comportement face à l’agonie d’autrui alors que ce dernier est une âme unique confrontée à une situation unique. Ce qui est absurde, c’est de ne pas tout tenter pour donner à un être l’énergie et le temps nécessaire de faire son choix profond. C’est d’accélérer sa mort en étant persuadé de faire son bien mais c’est aussi la maintenir artificiellement avec obstination sans se demander si l’être aimé n’a pas décidé de “partir” ; ce qui est absurde, c’est de ne pas chercher à s’ouvrir aux signes que le Père nous envoie pour éclairer nos pas…

Le jour viendra où la science parviendra à soulager radicalement la souffrance physique. Dès lors, cela signifiera que nous aurons évolué et que nous serons invités à faire face à la véritable agonie : celle de l’âme en appel d’Amour. Oserons-nous alors parler de compassion pour taire sa demande ? Inventerons-nous un poison visant à éteindre les âmes agonisantes ? Non vraiment, il n’y a pas de délivrance physique ou morale sans délivrance spirituelle et pas de guérison spirituelle sans échanges d’Amour.

Enfin, comme le précise Monseigneur Saint Macary, à cause de Jésus-Christ qui a donné son corps et son sang par Amour de ses frères : “nous savons qu’aucune situation n’est désespérée ou absurde”. Oui, dès lors que nos cœurs se tournent vers la croix, nous savons comment aider un être à mourir dans la dignité : en lui permettant de donner un sens à son épreuve et en l’incitant à offrir ses souffrances pour qu’il arpente, ici ou ailleurs, le chemin de la vraie Vie.

Pascale Contact  


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