A l’heure où la négativité se dévoile dans toute son horreur,
un nombre toujours plus croissant de personnes de tous horizons,
de toutes confessions et de toutes cultures, se mobilisent individuellement
ou au sein d’associations humanitaires pour participer à l’avènement
d’un monde meilleur.
C’est un fait, 2000 ans après la venue du Christ, l’humanité
aborde le tournant décisif de son évolution, guidée par une
multitude de personnes qui forment aujourd’hui la nouvelle Eglise
: une assemblée de volontaires dont la plupart se jouent des
étiquettes. Tous ces êtres en question ne sont autres que les
serviteurs d’une force Universelle d’Amour et de Vie.
Faut-il être inconscient pour juger tous ces nouveaux prêtres
qui dévoilent leur Amour pour une femme ou qui osent quitter
l’espace de leur paroisse pour aller secourir les plus nécessiteux
? Tous ceux-là font partie des pionniers de l’humanité actuelle
animée de ce nouvel élan de vie qui nous pousse inexorablement
les uns vers les autres.
Si l’humanité immature du temps de Moïse avait besoin de maîtres
austères et pieux, l’humanité d’aujourd’hui, en passe de sortir
de son état d’adolescence, a besoin de guides lui indiquant
concrètement le sens de l’Amour du prochain fut-il une femme,
un prisonnier, un enfant martyrisé ou un peuple opprimé. Car
c’est toujours une partie de l’humanité que nous soignons lorsque
nous répondons à un appel d’Amour.
Comment l’Eglise actuelle peut-elle prêcher l’Amour dès lors
qu’elle impose des règles à ses serviteurs tels que l’obéissance
ou le célibat ? Comment peut-elle prêcher l’Amour dès lors qu’elle
le limite pour eux à la problématique conflictuelle Amour du
Christ ou Amour d’un être, comme si l’un et l’autre étaient
dissociables ?
Suivre le Christ, ce n’est pas suivre une institution rigide
établie par des hommes prisonniers de leurs propres limites.
L’humanité d’aujourd’hui n’a pas besoin de surhommes, elle a
besoin de s’appuyer sur des êtres humains pour lesquels la voie
du Christ ne se résume pas à la prédication, à l’obéissance
ou à la chasteté mais aux actes. Elle a besoin d’un Raoul Follereau
qui, avec l’Amour de son épouse, a déplacé les montagnes pour
sauver les lépreux, d’un Gunther Zgubic, prêtre actuel qui s’implique
pour la sécurité des prisonniers brésiliens, d’un abbé Pierre
qui montre le sens de la charité ou d’un être comme le Dalaï
Lama qui parcourt le monde non pour convertir les peuples mais
pour les motiver dans un même objectif fraternel...
Le monde moderne de la communication a brisé les frontières.
Le « prêtre » vivant et efficace se joue des limites de sa paroisse,
de son pays et de la hiérarchie ecclésiastique. Il est ce religieux
qui cherche à œuvrer sur le terrain, il est ce « médecin sans
frontière » ou cet internaute qui s’implique dans les droits
humains… Une Eglise vivante, des hommes vivants : voilà ce dont
l’humanité a besoin.
Répondre à l’appel du Seigneur, c’est répondre à l’appel de
Dieu qui est en l’autre et qui a besoin que nous mettions toute
notre énergie pour faire évoluer les consciences et les structures
de nos sociétés ; c’est répondre à l’appel de celui ou celle
qui attend peut-être toute notre tendresse pour trouver l’envie
et la force d’œuvrer en faveur du prochain.
Oui, le nouveau prêtre refuse les limites et n’a qu’un seul
maître : l’Amour qui est en lui. Alors cessons de montrer du
doigt ceux que l’Eglise traditionnelle sanctionne car il se
peut que les rebelles d’aujourd’hui soient les piliers de demain.
Laissons-les donc aimer !
Pascale
 |
|
|