Il
suffit de voir un nouveau-né s’éveiller
devant le regard ébloui d’un adulte pour
comprendre que la vie n’est autre que l’«
état d’éveil » et que cet
état est le plus beau, le plus salvateur de tous les
spectacles. Cette vérité, aussi banale
puisse-t-elle paraître, est malheureusement bien loin
d’être une réalité quotidienne pour
chacun d’entre nous.
Dans la plupart des esprits, cette faculté de «
présence » est considérée,
à tort, comme l’apanage de la jeunesse
émerveillée par la nouveauté ou celui
des mystiques exceptionnels ayant atteint l’état
de conscience suprême. Mais l’idée
d’éveiller quotidiennement notre conscience nous
est inconcevable de sorte que nous oscillons la plupart du
temps entre un état de pseudo-conscience de notre
nature et de notre rôle et celui
d’endormissement, hypnotisés par nos
activités quotidiennes et par nos multiples
préoccupations… jusqu’au jour où le
sens de la vie nous échappe.
S’il est vrai que nos sociétés
occidentales laissent très peu de place à la
science de l’âme, chacun a, néanmoins, la
possibilité de ressentir en lui la flamme
d’Amour qui l’anime et qui tend à le
réunifier corps et âme dans un élan
créateur toujours plus conscient, toujours plus
intense. A quoi donc nous exhorte le nouveau-né
éveillé sinon à cultiver cet
état d’ouverture à la vie en faisant
grandir notre conscience de nous-mêmes, des autres et
de ce plan ? A quoi nous exhorte le mystique, témoin
d’une conscience supérieure, sinon à nous
éveiller au désir d’illimitation ?
Nous ne dirons jamais assez que si l’humanité
connaît aujourd’hui la dysharmonie, c’est
qu’elle a cessé de créer par Amour de la
vie, des autres et de son environnement. A l’image de
l’équilibriste qui cesse d’avancer sur son
fil, elle a connu immanquablement le
déséquilibre puis l’état
d’inconscience généré par sa
chute. Peur du présent et de l’avenir, retours
incessants dans le passé, hyperactivité,
hypermentalisations sont autant de symptômes
compensatoires de cet endormissement spirituel.
Si donc nous désirons acquérir toujours plus
d’équilibre, nous devons développer notre
vitalité spirituelle. Mais pour dilater notre ego
à la conscience divine, il ne s’agit plus
aujourd’hui de nous détacher de ce plan
matériel par des méthodes rigoureuses,
basées sur l’ascèse, l’isolement et
le sacrifice, mais d’intégrer au maximum le
mouvement vital du don de soi. Il s’agit
d’être au rendez-vous de la vie, autrement dit,
accomplir chacune de nos activités dans un
état de don et de création, saisir toute
occasion de servir autrui comme notre environnement,
apprendre à rebondir après une épreuve
sans se laisser endormir voir engluer dans le
pessimisme… Bref, si nous désirons apporter
quelque chose de positif à ce plan qui est notre
« plan de travail », si nous voulons essaimer un
peu de la Présence Divine qui est en nous, nous
devons nous réveiller perpétuellement.
Concrètement parlant, nous devons faire monter
l’énergie de vie et d’Amour qui nous
habite. Dès lors, cet état
d’éveil
nous rendra toujours plus maîtres de nous-mêmes,
toujours plus disponibles aux autres.
C’est bien là le sens de notre incarnation mais c’est là aussi
toute sa difficulté. Alors armons-nous de volonté et de confiance
pour avancer sur le fil de la vie. Sortons de notre léthargie
avec acharnement car des êtres souffrent pendant que nous somnolons.
Il est grand temps que chacun aborde le tournant décisif de
son évolution pour que le monde élève ses vibrations et connaisse
l’avènement d’une ère nouvelle… 2000 ans après Jésus-Christ
!
Pascale
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