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Où sont nos racines ?


Chaque jour, la vie nous demande de nous adapter, aux autres, à la souffrance, aux événements tragiques comme à tous les petits imprévus qui viennent bousculer nos habitudes. Chaque jour, la vie nous demande de nous adapter aux conjonctures de notre existence, non de nous y soumettre mais d'adopter l'attitude la plus Amour, autrement dit, la plus bénéfique pour notre évolution et pour celle d'autrui.

Ainsi, à l’instar des végétaux qui sont capables de s’adapter aux terrains les plus hostiles, nous avons en nous la capacité d’appréhender les difficultés à la lumière de la positivité. C’est d’ailleurs ce pouvoir créateur qui fait de nous des êtres perfectibles, des êtres à l’image de Dieu. C’est pour cela que nous devons essayer de tout notre cœur de faire de nos épreuves comme des manques d’Amour dont nous sommes la cible, une occasion de renaître à quelque chose, à quelqu’un, à la Vie… Les plus riches, les plus proches du divin, les plus intelligents ne sont-ils pas ceux qui savent se renouveler dans les difficultés et construire du neuf à partir de “rien” ?

Ainsi va le souffle de la vie : il nous bouscule, nous décroche de nos habitudes, de notre passé et de toutes les émotions qui nous ont servi de racines. Un saint mouvement qui nous invite à passer de l’état d’enfant dépendant à celui d’adulte responsable d’autrui comme de lui-même.

Nous devons profondément réaliser que le “dépouillement” matériel ou affectif est une occasion de dilater notre ego au souffle de l’Esprit-Saint qui nous habite. En fait, dans la joie comme dans l’adversité, nous devons croire à notre résurrection quotidienne. La perte d’argent doit nous pousser à découvrir en nous, comme à l’intérieur des autres, une autre forme de richesse. La perte d’un pays doit nous pousser à rafraîchir nos racines et à découvrir que notre véritable identité n’a pas de frontière. La perte d’un proche doit favoriser notre ouverture aux autres. D’une manière générale, la perte nous exhorte toujours au pardon et à la création, deux attributs divins facteurs de réconciliation…

Mais encore une fois, s’adapter n’est pas se soumettre à la vie que les êtres entachent de leur inconscience. Si l’Amour nous invite au renouvellement perpétuel, il nous demande aussi de ne pas cautionner les insuffisances d’autrui. Il est donc autant légitime que nécessaire de revendiquer ce qui nous a été enlevé pour placer des repères à ceux qui ne savent pas s’en donner et surtout pour leur permettre de se racheter. Mais pour agir ainsi, c’est à dire par Amour d’autrui plus que par intérêt personnel, il faut veiller à ne pas s’enraciner dans le matériel, dans l’énergie des autres ou dans notre terre d’origine. Et cela, seule notre volonté de nous adapter et de nous dépasser peut nous l’assurer.

De même, si l’Amour nous demande de donner à nos enfants des repères affectifs les plus stables possibles, il nous demande aussi de les aider à regarder devant et à découvrir ce qui les anime profondément. Car si “le fils de l'homme n'a pas d'endroit où poser sa tête” c’est qu’il n’est pas là pour s’appuyer indéfiniment sur quelque chose ou sur quelqu’un mais pour avancer et œuvrer là où la vie le mène, là où l’Amour l’appelle : c’est que ses véritables racines sont celles qui font de lui un être libre.

Oui, le souffle de vie qui nous anime nous exhorte à la résurrection permanente : fermer les yeux sur cette réalité, c’est vivre dans la soumission et l’attente d’une mort qui ne sera en fait qu’un rappel à la vie, au pardon et à la création.

Pascale Contact  


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