Le grand vide existentiel : tel est le nom d’un nouveau virus
qui fait son lit dans nos sociétés modernes n’ayant plus de
valeur de vie à nous proposer, hormis celle de la rentabilité,
de l’avoir et du paraître. Des idéaux extérieurs à nous qui,
en plus d’être éphémères, nous confortent dans une vision égotique
et illusoire de l’existence en faisant de nous des êtres fragiles
et vides. Nos sociétés désacralisent ainsi les vraies valeurs
de l’individu qu’elles pressent comme un citron en rejetant
sa divine pulpe : le ferment de son identité, de sa stabilité
et de son intuition. Bref, tout ce qui peut lui permettre de
découvrir le sens de la vie et de trouver, en lui, l’Energie
pour surmonter ses épreuves.
Mais qu’il est difficile de parler de force intérieure dans
un système qui méprise le moindre élan spirituel et qui a posé
des limites à l’Amour ! Ne nous étonnons pas si la plupart d’entre
nous finissent par éprouver la sensation plus ou moins supportable
d’être passés à côté de quelque chose !
Mère Teresa disait avec raison qu’« il n'y a pas de plus grande
maladie que le manque d'Amour », celui qui se répand en même
temps que tous ces psychologues qui essaient tant bien que mal
de purger les abcès. Oui, la plupart des suicidaires ont manqué
de cadres affectifs, de contact humain, de compassion... Et
lorsqu’un événement pénible leur demande de puiser en eux l’énergie
qu’ils n’ont pas suffisamment reçue, c’est le gouffre : le repli
intégral sur leur désarroi. Cela dit, face au suicide d’un être,
prenons garde de ne pas perpétrer le manque d’Amour en rejetant
la faute sur l’un ou l’autre. Car c’est toute une vision générale
et immature de l’existence, c’est toute une façon superficielle
de communiquer que nous devons dénoncer et pas seulement un
individu, lui-même victime de cette immaturité.
Heureusement, tous ceux qui ont manqué d’Amour ne se suicident
pas. La plupart du temps, les souffrances nous amènent à puiser
l’Energie d’Amour qui est en nous et à la développer en nous
occupant des autres ; ce qui nous révèle le sens Amour de notre
existence et comble peu à peu nos manques. Autrement dit, si
nous voulons aider un être en difficulté, il faut bien sûr qu’il
se sache aimé de nous en lui permettant notamment d’exprimer
ses tourments et ses émotions. Mais il faut par ailleurs lui
montrer qu’il existe des solutions à son mal, en lui expliquant
que ceux qui se mettent au service des autres développent leur
potentiel d’Amour et de vie, se sentent profondément aimés et
ne subissent plus les événements.
Mais la mort n’étant pas une fin, nous devons également soutenir
par nos prières et notre positivité ceux qui ont renoncé à leur
incarnation car, généralement, ce refus de vivre les poursuit
de « l’autre côté ». Là, de nombreux êtres de lumière prient
et tentent de les apaiser pour leur redonner goût à la vie.
Après un délai plus ou moins long, beaucoup retrouvent ainsi
la volonté de vivre et de se dépasser par Amour d’eux-mêmes
et par Amour des autres. Ils se réincarnent souvent dans des
circonstances similaires à leur vie précédente, désireux de
reprendre leur chemin évolutif là où ils avaient renoncé...
En fait, si aucune théorie n’a pu expliquer le phénomène du
suicide, c’est que toutes font l’impasse sur la dimension spirituelle
de l’homme. Non, la vie n’est pas absurde, elle permet l’accroissement
du Divin en nous et autour de nous, elle permet l’avènement
d’un vrai bonheur pour tous. Alors, aimons tout et tous avec
l’intention d’apporter quelque chose : un peu d’Amour pour combler
les grands vides.
Pascale
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