A
force d’aborder le sujet des sectes sous l’angle
de l’accusation, les médias nous conditionnent
à soupçonner la présence du «
grand méchant loup » dès que des
idées nouvelles ou des comportements
différents des nôtres pointent le bout de leur
nez... Mais n’est-ce pas souvent notre propre peur qui
nous anime face au phénomène des sectes ?
Où est notre compassion pour les brebis
égarées ? Sans doute enfouie sous cette peur
qui d’ailleurs n’arrange pas le sort de ces
millions de nos frères et sœurs eux-mêmes
saisis dans leur propre torpeur.
L’éventail des caractéristiques
intello-culturelles des adeptes de sectes prouve bien
qu’il existe un manque commun à tous ces
êtres. Tendresse, respect, confiance, cadres à
la fois solides et souples : combien sont-ils à
n’avoir jamais connu ces formes d’Amour ? Force
est de constater l’échec de la cellule familiale
et des institutions dans ce domaine. Mais n’allons pas
prétendre pour autant que les sectes sont remplies
d’êtres humains en quête d’Amour
véritable. Non, faute d’en avoir suffisamment
reçu et donné, l’adepte ne sait pas
reconnaître l’Amour et son besoin lui fait avaler
n’importe quoi pourvu qu’il ait la sensation ou
l’espoir de l’assouvir. Ils sont ainsi des
millions à s’être embarqués dans un
voyage infernal, des millions à avoir rompu avec la
société pour devenir des élus... le
temps de funestes cérémonies.
Alors comment aider notre prochain dans ce domaine ?
Certainement pas en tuant l’espoir d’une vie
meilleure ni en ouvrant la chasse aux sorcières
contre tous ceux qui, individuellement ou au sein de
mouvements spirituels, œuvrent avec
honnêteté pour construire la paix. Non, ce
n’est pas l’espoir d’un nouveau monde
qu’il faut condamner mais les moyens
prônés pour y parvenir dès lors
qu’ils vont à l’encontre de la
liberté individuelle.
Nos frères manquent d’Amour ? Alors il faut
donner à nos « enfants » la forme
d’Amour apte à les équilibrer. Ils
veulent des réponses à leurs questions
existentielles ? Alors il faut les encourager à
spiritualiser leur vie. Car seule une vie quotidienne «
active » remplie de prières et d’actes pour
autrui permet à l’Amour de circuler en nous, de
nous guider et de nous inspirer. Aussi, celui dont
l’idéal est de se rapprocher de Dieu sait par
« expérience » que
l’épanouissement d’un être et, par
extension, l’avènement d’une harmonie
collective, ne peuvent se faire que dans un respect total du
libre arbitre : il ne peut donc tomber dans le piège
d’une secte
aliénante.
Oui, c’est cette proximité avec le Divin qui
fait que nous reconnaissons ce qui vient de Lui et ce qui en
est éloigné. En fait, la phobie des sectes
concerne tous ceux qui ne savent pas reconnaître le
vrai du faux prophète et qui ont peur de perdre
quelque chose : leur pouvoir, leurs idées, leur foi,
leur liberté... Mais pas de crainte pour celui qui se
met au service des autres car celui-là n’a rien
à perdre. Pas de crainte pour celui qui sait que la
vie est mouvement et que sa vérité ne demande
qu’à s’illimiter. Pas de crainte pour celui
dont la foi est le fruit d’un vécu spirituel car
aucune doctrine limitée ne pourra
l’ébranler. Pas de crainte enfin pour celui qui
se sent libre d’aimer.
Crier au loup est souvent inutile voire dangereux. Alors ne
faisons pas comme les Pharisiens qui par peur du «
nouveau » ont fait taire l’Amour. Agissons pour
aider nos frères par un travail de fond et non dans
l’affolement car il se pourrait que dans notre
agitation, nous passions à côté du
souffle nouveau de l’Esprit que Jésus nous a
promis...
Pascale
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