Nous avons tous plus ou moins connu la peur lorsque nous étions
enfants, peur du noir, peur de l'inconnu... Adulte, c’est souvent
la peur du ridicule qui prend le pas sur notre imaginaire enfantin.
Mais, en fin de compte, c’est toujours le même sentiment qui
nous habite : la peur de l’autre et notamment de l'image qu'il
peut se faire de notre personne. Une peur que nous cherchons
résolument à nier et qui pourtant ne cesse de s’exprimer à
travers nos a priori et notre agressivité.
Je me souviens avoir posé un jour le regard sur mon visage
dans un miroir jusqu’à ce qu’une profonde angoisse m’envahisse
et me fasse dire : « mais qui suis-je » ? Je renouvelais pourtant
l’expérience. Et à mesure que je tentais d’entrer en contact
avec mon âme, cette sensation désagréable disparaissait. Un
bref instant, j’avais l’impression de me reconnaître comme l'une
des pièces d'un Grand Puzzle. Vous avez sans doute vécu
ce genre de méditation où tous nos
repères semblent s'effondrer dans une sensation de vide
et de plein à la fois... Instant privilégié
où nous retrouvons la mémoire, où nous
ressentons Quelque Chose de Supérieur, là, autour
de nous mais aussi à l'intérieur de nous. Instant
béni où nous réalisons que le Divin est
l'essence même de notre être et que nous en sommes
une facette unique.
Mais nous ressentons aussi que cette amnésie quotidienne
de nos origines nous pousse en fin de compte à faire
peu à peu l'expérience de ce que nous sommes pour
en prendre pleinement conscience. Comme cette perte d'identité
est très déstabilisante, nous nous raccrochons
à tout ce qui peut nous attribuer un substitut d'identité
: un regard flatteur, un statut avantageux au sein d'une entreprise,
un rôle au sein d'une association, d'un groupe politique
ou religieux, d'une secte... Et souvent aveuglés par notre besoin
d’identification nous ne jurons que par les repères qui nous
rassurent. Nous ne voyons pas que notre besoin d’exister occulte
souvent notre besoin de donner et nous vivons dans l'illusion
d'être ceci ou cela, nous vivons dans la crainte d’être
dépossédés de notre prétendue identité.
En fin de compte, dans notre miroir comme dans le regard d’autrui,
nous avons peur de redécouvrir notre vrai visage : celui d’un
esprit divin invité à créer par amour et pour l'amour.
C'est par nos choix quotidiens, c'est par le biais de l'expérimentation
que nous prendrons toujours plus conscience de ce que nous sommes.
Et c'est ainsi que nous apprendrons à nous aimer nous-mêmes
et que nous ressentirons que l'Autre est fondamentalement de
même nature que nous. Alors n'ayons plus peur de lui,
ne craignons plus l'image qu'il se fera de nous-mêmes.
Cette image lui est personnelle, elle passe par le filtre de
ses propres peurs. Apprenons plutôt à nous re-connaître
et si nous avons besoin de béquilles pour nous rassurer, veillons
à nous faire toujours plus légers en réalisant qu’un jour ou
l’autre nous aurons le désir de les abandonner pour redécouvrir
ce que nous sommes et accueillir l'autre pour ce qu'il est.
Pascale
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