Si nous étions plus souvent conscients de la présence
de Dieu en nous comme en tout ce qui existe, si le fait d'être
une parcelle unique du Divin redevenait à nos yeux une
réalité de tous les instants, si nous laissions
de nouveau notre esprit et tout notre être insuffler de
l'Amour en toute chose, nous réaliserions que l'état
de communion avec le Divin est notre état d'origine.
Nous n'aurions alors nul besoin d'instants privilégiés
pour connaître ainsi quelques instants de plénitude
et de Vérité. Dès lors, la
question ne serait plus de savoir si nous pouvons prétendre
à une relation intime avec Dieu ou combien de temps nous devons
accorder à nos prières et méditations mais
de savoir comment retrouver chaque jour et dans le moindre détail
l’échange avec Lui, comment donner toujours plus de place à
Son Amour.
Nous pourrions, bien sûr, nous retirer du monde, vivre en autarcie
et organiser notre quotidien autour de la méditation,
de l'ascèse etc. Mais, s’il est vrai que notre hyper-activité
quotidienne nous appelle à nous accorder quelques moments
de recueillement pour laisser s'installer en nous ce silence
intérieur dans lequel notre nature divine peut enfin
s'exprimer, il est excessif de croire que l’isolement et l’austérité
sont les seuls moyens d'y parvenir. Nous serions-nous incarnés
sur ce plan pour échapper à ses caractéristiques
ainsi qu'à nos besoins les plus élémentaires
? Devons-nous limiter Dieu jusqu’à Le considérer comme extérieur
à ce monde de matière ?
Si nous ressentons que Dieu est Amour, nous savons que la seule
façon de nous assurer une proximité croissante avec Lui c'est
d’aimer avec les moyens qui ont été donnés
; c'est d'insuffler tout notre amour, dans la moindre tâche
quotidienne à la communication avec l’autre jusqu’à l’union
des corps, bref, c'est d'être dans un état de prière
permanente.
Pour certains bien sûr, la pratique de l'ascèse
est un choix positif d'incarnation qui leur permet d'apprendre
le détachement, la maîtrise des besoins, le silence
mental etc. Mais pour beaucoup d'autres, ce désir d'accomplissement
dissimule souvent une difficulté à adopter et
à aimer ce plan d'existence, une peur d'assumer la relation
avec l'Autre, une peur d'aimer, de se donner, de porter... Tout
ce qui, en fait, participe à notre accomplissement.
Le recueillement est bien une fuite s'il ne nous aide pas à
mieux affronter la vie que nous avons choisie. Alors prions
et méditons, oui, mais sans jamais perdre de vue que
la moindre pensée positive est une prière et que
chaque moment de notre quotidien nous exhorte à être ce que
nous sommes au plus profond de nous-mêmes : des
êtres divins aimables, aimants et créateurs d'amour
et de vie. Ecoutons notre Maître intérieur qui
aspire à ne faire qu'un avec nous et avec l'Autre. Laissons-le
aimer, écoutons ses prières et les nôtres
seront exaucées.
Pascale
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