C'est parce qu’il s’est coupé de sa source divine que l’homme
connaît la déstabilisation, la maladie et la souffrance ; c’est
parce qu’il a étouffé sa divine conscience qu’il
oublie son origine et la raison de ses maux.
Mais à force de souffrir, il retrouve parfois la mémoire et
perçoit enfin sa souffrance comme le signal d’alarme de son
âme égarée et mutilée par le manque. A force de souffrir, il
finit par prendre conscience de ses capacités « surhumaines
», de sa nature divine. Alors le besoin de retrouver l’état
de plénitude originel émerge en lui comme une évidence...
Recréer l’harmonie en nous et autour de nous : c’est la raison
même de notre existence, le programme de toute une vie... Et
tant que nous n'avons pas accompli la mission que nous nous
sommes fixée au plus profond de nous-mêmes, notre
esprit souffre ; tout notre être souffre. Alors la douleur nous
bouscule et nous fait hurler comme pour nous prévenir du mal-être
de notre âme et nous faire avouer notre besoin effréné de revivre
cette grande histoire d’Amour avec le Créateur pour être
enfin comblés et libérés de nos maux.
Aussi, depuis des temps immémoriaux, l’homme cherche-t-il à
re-connaître le Divin, à contempler ce trésor d’Amour et de
Vie logé au plus profond de lui-même. Mais il ne parvient à
fouler la Terre Sainte qu’en laissant derrière lui
son ego, cette forme d’être illusoire, cette pseudo-conscience
qu’il a développée pour pallier la perte de sa conscience divine,
cette excroissance de son cur qui recèle tant de négativité,
d’illusions, de traumatismes et de manques... Les grands mystiques
ayant réalisé Dieu savent que l’on ne peut accéder
au Soi qu’en oubliant le petit moi.
Or, c’est souvent dans la douleur que nos masques tombent
et que notre ego se relâche. C’est souvent au cur de la
souffrance que nos manques profonds se dévoilent et que tout
notre être finit par s’abandonner au Tout Autre...
C'est ce qui nous amène à définir la souffrance
comme une sorte de viol devant lequel on ne peut qu’accepter
de mourir à soi-même pour Quelqu’un d’autre. Car dans les pires
moments de solitude, le martyr ne peut que s’abandonner à la
seule alternative qui lui reste pour vivre et espérer : l'Etre
Suprême Tout-Puissant et Tout-Harmonieux qui demeure en
lui et qui n'est autre que sa véritable identité.
Et il se souvient qu'au paroxysme de la souffrance, Jésus de
Nazareth s'est totalement abandonné à l’Amour Tout-Puissant
qui l'a submergé et libéré de la négativité des
hommes qu'il a voulu prendre sur lui.
Alors, quelle que soit l’origine des manques qui nous affectent
et de la négativité que nous portons, laissons l’Amour nous
envahir et faire des miracles.
« Vous êtes des dieux » nous dit Jean l'Evangéliste.
Or, qui est Dieu sinon Celui qui donne un sens à tout ?
Alors donnons un sens à notre existence comme à notre souffrance,
et dans les moments les plus pénibles, faisons pour l’Autre
ce que nous ne parvenons plus à faire pour nous-mêmes : devenons
des christs pour l’humanité, redevenons celui ou celle que nous
n'aurions jamais dû cesser d'être. Et méditons
sur une phrase sublime d'Omraam
Mikhaël Aïvanhov : « La
souffrance donne à l'homme la possibilité de descendre en lui-même
pour réfléchir, méditer et attirer à lui des êtres supérieurs
qui le guideront et lui viendront en aide. Si vous souffrez
en sachant comprendre cette souffrance par laquelle le Ciel
veut vous transformer, il sortira de vous un être exceptionnel... »
Témoignage
« La souffrance, que nous avons tant de mal à accepter et à
comprendre, est pourtant une expérience de l’amour. Ces instants
douloureux nous offrent l’occasion de nous remémorer tous les
instants merveilleux que nous avons connus. Cela fait naître
également une nostalgie qui peut être la nostalgie de notre
origine spirituelle, tant le monde matériel peut être pesant…
mais nous oublions trop facilement que nous sommes responsables
de nos souffrances… »
Jean Michel Bonin
Pascale
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