S'il est un sujet que l’on traite communément avec légèreté
et hypocrisie, c’est bien celui de la jalousie. Trop souvent
assimilée à un sentiment intrinsèque à l’homme, voire indissociable
de l’Amour, la jalousie est très peu appréhendée à la mesure
de ce qu’elle est réellement : une maladie. Et pourtant, chacun
sait, pour l’avoir côtoyée de près un jour ou l’autre,
qu’elle ne génère que tourments et souffrances. Oui, il s’agit
bien d’une maladie, et de la plus redoutable qui soit car elle
étouffe, divise, assassine les hommes... et la fraternité !
Inutile d’être érudit pour savoir que la jalousie prend sa source
dans un déséquilibre profond et en l’occurrence dans la peur.
Peur de perdre l’être aimé et l’identité que l’on s’est forgée
à travers lui, peur que les autres nous dérobent ce bon pilier,
ce fidèle et rassurant miroir. Et qu’importe si l’aimé
agonise sous notre exigence pourvu que nous soyons rassurés
à l’idée de ne rien perdre, d’être à jamais « l’unique » !
Ainsi, notre vie de couple est plus ou moins basée sur des leurres
puérils et dangereux : croire que l’on possède et que l’on préserve
par le chantage affectif, croire que l’on se suffit à deux et
que le danger vient des autres. De sorte qu'il nous faut parfois
des années de détresse pour réaliser que notre pire ennemi n’est
autre que le manque de confiance en nous-mêmes ; des années
pour éprouver le besoin de nous transformer, d'accueillir
les épreuves comme une occasion d'évoluer ; des
années de travail pour parvenir à dire un jour
en pleine crise de jalousie : « Non ! Je refuse cet
état destructeur. Je maîtrise mes pensées, mes pulsions, je
lâche prise et choisis la confiance, je fait de ma rancur
un don à l’autre, une offrande à la Vie... »
Car lorsque nous prétendons vouloir le bonheur de l’autre, avons-nous
assez d’Amour et d’humilité pour concevoir que son accomplissement
puisse passer par d’autres que nous ? Et lorsque nous prétendons
aimer l’autre parce qu'il est le support de nos émotions, réalisons-nous
que l’Amour est aussi un don ? En fait, nous savons bien que
la plus grande preuve d’Amour que nous puissions donner à l’être
aimé, c’est de le laisser libre : libre de nous aimer, libre
d’aimer autrui.
Alors souvenons-nous de cette première fois où nous avons dissimulé
notre peur d’aimer véritablement et notre refus des autres
derrière une promesse de fidélité. Nous voulions l’Amour ? Alors
refusons la peur, l’orgueil et l’isolement. Nous voulions la
fidélité ? Alors, soyons d'abord fidèles à notre désir
de donner. Accueillons nos épreuves comme des faveurs
et quand la jalousie nous fera signe, ouvrons notre cur,
il nous dira : « Continue, apprends à aimer, donne ce qu’il
y a de plus dur à donner : la liberté, l’Amour vrai ! Et tu
seras à ton tour libre et aimé. »
Pascale
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Voici quelques extraits de témoignages :
« J'ai toujours pensé aussi que la jalousie était
probablement un des sentiments les plus corrosifs. Je crois
qu'accepter ce que l'on est, se voir en vérité est un pas important
pour tous ceux et celles qui veulent se libérer de ce sentiment.
Mais ce n'est pas facile, la route peut être longue mais c'est
possible. » Guillaume
« Vous avez tout a fait raison lorsque vous dites
que ce sentiment peut détruire l’Amour, car je le vis présentement.
Je désire changer et apprendre à me faire confiance, car je
sens que c’est maintenant moi qui souffre de cette force destructrice.
Sans cesse je me tourmente et me pose mille et une questions.
J’ai mal et j’en souffre… Je suis prête à tout faire pour me
débarrasser de cette insécurité continuelle. Je le veux d’abord
avant tout pour moi… »
« On ne se forge pas un chemin dans la vie de cette
manière… Je voudrais être mieux, être libre, ne plus avoir un
cœur plein de mal… »
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