| LA TENDRESSE POUR TOUT BAGAGE |
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Une présence, une écoute, une main tendue, une parole sont autant de manifestations quotidiennes éclairées par un sourire. Le sourire de Denis Ledogar à l'hôpital de Hautepierre de Strasbourg ; ce sourire qui traduit la tendresse de Denis pour chacun de ces malades qui souffre dans son corps et dans sa tête.
Denis Ledogar est aumônier de ce grand "paquebot de la souffrance et de l'espérance" après y avoir travaillé comme infirmier anesthésiste. Prêtre assomptionniste, Denis a choisi l'hôpital de Hautepierre pour y exercer son sacerdoce ; le fait d'être prêtre lui donne la possibilité d'être très disponible pour rencontrer le maximum de malades. Du nourrisson à la personne âgée, malades ou en fin de vie, toutes les formes de souffrance lui sont présentées. Denis est au service de l'Amour et c'est cet Amour pour autrui qui lui donne l'énergie nécessaire pour affronter chaque jour les épreuves de ceux qui souffrent. Il est prêtre mais n'en n'est pas moins homme avec sa sensibilité, ses émotions, ses doutes, ses coups de gueule. Il est en révolte face à la mort des nouveau-nés, des enfants, il ne comprend pas pourquoi ? Et c'est au "vieux loup de mer" (Dieu) qu'il s'en prend quand il n'a pas de réponse...
Très jeune, Denis Ledogar a été confronté à la souffrance, celle de sa mère durant de longues années, celle de son frère cadet, handicapé ; à la mort, celle de l'un de ses petits frères, celle de son père encore jeune. Dans son petit village d'Alsace, Denis a grandi et évolué dans une atmosphère d'Amour, de simplicité et d'espérance. Cet amour familial l'a enrichi et a développé en lui cette foi en Dieu, son don pour les autres. Il est devenu prêtre, naturellement. Mais, il dit : « Le cœur d'un prêtre, c'est celui de tout humain. Le cœur d'un aumônier d'hôpital, c'est d'être gros comme une montagne pour recevoir et porter la souffrance de l'autre ; c'est en même temps une part de Dieu, car mon cœur ne m'appartient pas. » Chaque jour que Dieu fait, Denis Ledogar donne le divin qu'il a en lui à chaque être pour alléger sa souffrance : un baiser sur le front d'une personne, une caresse, un silence complice, simples gestes naturels de tendresse. Il nous dit : "l'angoisse, la peur d'être seul, l'abandon dans la souffrance sont des moments terriblement difficiles à assumer pour le malade et pour ses proches. Trop de tabous existent encore, trop de règles préétablies empêchent un véritable travail avec la famille... tant de frontières sont encore à briser dans nos hôpitaux."
Dans "La tendresse pour tout bagage", l'auteur retrace sa vie dans l'hôpital de Hautepierre d'une manière humble et sincère. Il soulève des sujets graves comme celui de l'euthanasie, de l'acharnement thérapeutique, des soins palliatifs et invite le lecteur à une réflexion sur l'accompagnement des personnes en fin de vie. Par dessus tout, il souhaiterait que dans tous les hôpitaux de France et d'ailleurs, il n'y ait plus de discriminations raciales et religieuses ; «... je fais le vœu qu'un jour, dans les hôpitaux de France, cohabiteront ensemble le prêtre, le pasteur, l'imam, le rabbin, le libre-penseur, le franc-maçon et tout être humain de bonne volonté. La tendresse n'est pas du chacun pour soi, elle rejoint toutes les sensibilités humaines et religieuses. La tendresse n'est d'aucun rite. »
Denis Ledogar, cet homme plein de tendresse assoit, chaque jour, son âme auprès de celle de ses malades ; il nous invite à partager notre temps et notre Amour avec ceux qui souffrent autour de nous...
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Anne
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