 Patrice
Launay, musicologue et organiste, nous présente l'histoire du
chant grégorien. La tradition attribue la réorganisation de
ce chant rituel de l'église chrétienne au pape St Grégoire Le
Grand au VIIème siècle. Ce genre de musique venu de l'Antiquité
se distingue de la musique moderne par les formes spéciales
de sa notation, par le caractère de sa tonalité et de ses modes,
et par la nature de son rythme. Ces chants d'église peuvent
donc paraître monotones à notre oreille musicale d'aujourd'hui
car leur rythme est basé sur l'accent de la langue latine et
sur la respiration : ils se présentent comme une simple monodie,
c'est-à-dire des chants à une seule partie, interprétés par
une ou plusieurs voix à l'unisson. Oublions donc nos repères
musicaux et découvrons les sources de l'histoire de la musique
!
L'église ne concevant pas l'introduction d'un instrument dans
le déroulement de la liturgie, le chant grégorien, ou plain-chant,
restera a cappella et masculin. Le chant étant l'émanation de
l'âme, l'accompagnement d'un instrument était considéré comme
une technique étrangère à la spiritualité. Plusieurs siècles
plus tard, l'orgue jouera un rôle dans certaines pièces instrumentales
puis d'autres instruments comme le carillon ou cymbalum ont
pu accompagner le chant grégorien. Des écoles de chant furent
créées dès le IXème siècle et gardèrent cette tradition musicale
jusqu'au XVIème siècle. L'esprit d'innovation fit alors entreprendre
des corrections malheureuses jusqu'au XIXème siècle où l'on
rétablira la réalité et la constance de la tradition grégorienne.
Le chant grégorien est l'expression de la spiritualité de l'église
catholique romaine et carolingienne au VIIème siècle. Il fut,
et est encore, une source d'inspiration pour les organistes
et les compositeurs divers ; ce plain-chant forme toujours la
base du chant ecclésiastique catholique. Avec ces chants liturgiques,
les moines de l'Abbaye de Ligugé nous plongent dans une atmosphère
de sérénité et de prière dégagée par la profondeur de ces voix
graves et unies. Laissons-nous envelopper, nous aussi, par cette
musique sacrée et qu'elle nous élève vers la louange !
Anne
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