| LE MIROIR DES ÂMES SIMPLES ET ANÉANTIES |
|

Aux XIIème et XIIIème siècles en Allemagne, en Hollande et dans
les Flandres, à une époque de grande vitalité religieuse, se
développe un mouvement semi-religieux, le mouvement béguinal.
Ce mode de vie exclusivement féminin se distingue par sa non-appartenance
à une autorité ecclésiastique, monastique ou maritale. Ces Béguines
réunies en communauté, qui viennent de la noblesse et de la
bourgeoisie, puis plus tard du peuple, se veulent libres et
autonomes : libres de vivre leur quête spirituelle et leur soif
d'Amour divin sans avoir à prononcer de vœux. Elles souhaitent
simplement suivre la pratique des conseils évangéliques. Ces
femmes fières et ardentes s'adonnent à la prière, à la méditation
et à la contemplation, à l'ombre d'une abbaye, d'un havre de
paix (béguinage de Bruges). Elles consacrent également leur
temps à visiter les malades et à confectionner des dentelles.
Mais leur émancipation spirituelle créera des conflits avec
les autorités religieuses et cette innovation inquiétera au
plus haut point l'Eglise officielle masculine qui la qualifiera
d'hérétique et qui la combattra violemment.
Parmi les Béguines les plus connues comme Hadewijch d'Anvers,
Mechthilde de Magdebourg, Béatrice de Nazareth, la plus tragiquement
célèbre, Marguerite Porete (1250-1310) fut condamnée par l'Inquisition
et envoyée au bûcher pour et avec son livre “Le Miroir des âmes
simples et anéanties”.
Cette œuvre magistrale, datant de 1290, traduit l'expérience
mystique de Marguerite Porete. Elle est “le témoignage extrêmement
vivant d'une expérience de réalisation intérieure parvenant
à son terme. (...) Sa fonction sera de nous introduire à l'univers
contemplatif, celui du Verbe de Dieu en qui prend vie toute
chose”. L'introduction de Max Huot de Longchamp nous prépare
et nous imprègne d'une ambiance lyrique courtoise, d'un art
de vivre fait de politesse et de générosité chevaleresque. “Le
Fine Amour” est de ce fait l'objet propre de la recherche courtoise
et le Miroir qualifie l'âme simple et anéantie. Le Miroir des
âmes simples développe les thèmes les plus élevés de la spiritualité
contemplative et nous invite à nous mirer “pour se rapprocher
d'une réalité admirée”.
Marguerite Porete utilise un genre médiéval particulier qui
met en scène des acteurs tels que Amour, Raison, Ame, Dieu en
les personnifiant à la manière des récits courtois. Ce jeu scénique
met en évidence “la vie parfaite et l'état de paix auxquels
la créature peut accéder par la vertu de parfaite charité, elle
qui reçoit ce don de la Trinité toute entière...”.
“Le Miroir retrace l'itinéraire que l'âme, affranchie du péché,
emprunte pour aller où l'on peut voir les images subtiles des
attirances de l'Amour divin et accéder à la transformation totale
en cet Amour divin”. “L'âme est si enivrée de la connaissance
de l'Amour et de la grâce de la divinité pure, qu'elle est toujours
ivre de connaissance et remplie des louanges de l'Amour divin
; et non seulement ivre de ce qu'elle a bu, mais entièrement
ivre et plus qu'ivre de ce que jamais elle n'a bu ni jamais
ne boira.”
Ce texte est une pure mélodie de l'âme amoureuse, un renoncement
à l'identité propre, une communion au Dieu inidentifiable, une
brûlure d'Amour qui a illuminé, perdu, anéanti ces Béguines
toutes entièrement absorbées et consumées par l'Amour divin.
“Sa lecture est à même d'éclairer tout chercheur convaincu que
la réalisation effective de l'être est une réalité possible
à atteindre”.
Je vous propose de lire cet ouvrage qui vous transporte dans
une autre dimension de l'être :
>> Le Miroir des âmes simples et anéanties - Marguerite Porete :
Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici ou sur la vignette ci-dessus !
Anne
|