Pour les profanes, les Derviches Tourneurs évoquent la danse
et la musique en Turquie. Je vous invite à faire plus ample
connaissance avec ces danseurs et ces musiciens qui nous entraînent
dans leur quête du Divin. Quelques mots sur cette confrérie
: C'est au début du IXème siècle, que les mystiques musulmans
adoptèrent la musique comme support de méditation, comme moyen
d'accéder à des états de grâce, d'extase, ou simplement pour
« nourrir l'âme »... Dans le soufisme, le samâ' désigne une
tradition d'écoute spirituelle de musique et de chants sans
caractère obligatoire de sacré. Le samâ' est synonyme d' « entendement
», c'est-à-dire perception et acceptation de l'appel divin,
ce qui peut aller jusqu'à l'extase. A propos du samâ', Mawlânâ
Rûmî (poète persan qui a fondé la confrérie des Derviches Tourneurs
au XIIIème siècle) disait : « Tu as besoin de l'oreille du cœur,
pas de celle du corps. » La musique est donc l'écho sensible
du Verbe Divin, des sons angéliques, célestes ou cosmiques.
Les Derviches Tourneurs de Damas, en Syrie, confrérie mystique
sunnite des soufis, se produisent en Orient et en Occident grâce
à l'ensemble Al-Kindî fondé en 1983 par le Français Julien Jâlal
Eddine Weiss qui a voulu garder les traditions moyen-orientales.
Cet ensemble réuni un chœur, des instrumentistes et des chanteurs
d'exception comme le Sheikh Hamza Shakkur, chef de la chorale
de la Grande Mosquée des Omeyyades, un des plus grands interprètes
actuels des chants musulmans. Ce Damascène à la voix de basse,
chaude et profonde, exalte l'Amour divin et grâce à la force
spirituelle qui se dégage de ses chants, nous entraîne progressivement
vers la méditation voire la transe.
En entendant l'appel de ces voix tristes et basses, pourtant
sûres d'elles-mêmes, plus rien ne bouge autour de nous, le regard
de chacun semble tourné vers l'intérieur de son corps. Le tambour
reprend alors la même phase mélodique inlassablement et les
notes aiguës de cithare orientale ( improvisation de Julien
Jâlal Eddine Weiss ) montent, descendent puis retombent en cascades
étourdissantes de virtuosité. Puis les Derviches Tourneurs se
lèvent et deviennent toupies pour tourner sur eux-mêmes avec
une régularité de métronome dans une vitesse hallucinante. On
ressent là de l'ivresse, à la fois ivresse du vide et d'une
grande aspiration à monter au ciel avec les Derviches Tourneurs
qui y sont déjà ; ivresse qui transcende tout ce qui est autour
de nous et nous fait oublier l'ombre planant sur nos têtes de
mortels pour faire place à un sentiment éblouissant d'Etres
devenus illimités grâce à ces mélopées et danses sacrées. C'est
ainsi que se déroule la séance du samâ', véritable concert spirituel.
>> Les Derviches Tourneurs de Damas
Liturgie soufie de la Grande Mosquée des Omeyyades
Sheikh Hamza Shakkûr Ensemble Al-Kindî
( 2 C.D. contenus dans 1 petit livret traduit en Français
et en Anglais )
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>> Edition phonographique
Harmonia Mundi
mas de Vert
rte St Gilles
13200 Arles
Tél. : 04 90 49 90 49 |
Anne
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