Pourquoi un dictionnaire ? Il y a plusieurs raisons. Depuis que je navigue sur Internet, j'ai participé à de nombreux débats ayant pour thème la vie spirituelle. La majorité d'entre eux ont tourné à la bataille rangée avec les versets de la Bible pour munitions, chacun cherchant à convaincre l'autre sans en avoir l'air... Souvent, j'ai remarqué à quel point l'Amour pouvait faire peur, à quel point Il dérangeait. Souvent, j'ai compris que bien peu cherchait sincèrement à faire sa connaissance. A notre époque où il est donné à chacun d'entre nous d'avoir un avis sur tout, il existe un point commun à tous ces êtres qui se déchirent au nom du christianisme : ils ne veulent pas être manipulés et se méfient des doctrines et des dogmes. Certes, ils désirent souvent rester fidèles à leur communauté mais ils ne sont pas pour autant prêts à avaler n'importe quoi sans broncher.
En cette fin de 20ème siècle, nos contemporains pratiquent de plus en plus "l'automédication spirituelle". Autrement dit, chacun se fie à son instinct, prend ce qui l'intéresse ou ce qu'il croit bon et rejette le reste : la liberté individuelle est reine et les églises, qu'on le veuille ou non, en sont pour leur frais. Ainsi, le peuple des croyants se construit peu à peu sa vie religieuse, s'inspirant des doctrines orientales autant que des droits de l'homme pour se forger son idée de Dieu. En un mot, tous, nous évoluons. Et relativement vite. Le plus souvent sans repères.
J'ai choisi le mien : l'Amour. Il est mon chemin, autant que je m'y efforce. Et mon carburant pour avancer sur cette voie, c'est la Parole de Jésus : celle des évangiles tels qu'ils résonnent en moi. Je n'aime pas, en effet, assommer les autres à coup de versets. L'enseignement du Christ parle d'abord à mon cœur avant de s'adresser à mon mental et c'est le premier qui guide le second. Comme beaucoup, je préfère être fidèle à l'esprit qu'à la lettre et lorsque les deux se rejoignent, quelle lumière ! Une lumière qui ne peut se partager dans la contrainte. La lumière de la foi est bien plus que le lumignon des convictions et des certitudes. Elle se renforce entre ami(e)s, entre individus qui ne cherchent pas à se convaincre parce qu'ils n'ont rien à se vendre et qu'ils n'ont aucun besoin de se rassurer sur la validité de leur foi : rien n'est jamais gagné quand on aime. Tout est à créer sans cesse. Ce n'est pas toujours rassurant. Mais c'est ainsi, l'Amour est mouvement, geste vers l'autre autant qu'ébranlement de ses propres conditionnements...
Bref, l'Amour du prochain est la priorité de ma vie : un beau programme qui n'a pas la moindre valeur s'il demeure à l'état de prédisposition intellectuelle, bien entendu. Avant d'être vraiment présent dans mon quotidien, je vais déjà m'efforcer que l'Amour soit le maître mot de ce dictionnaire, celui que l'on devine derrière toutes les définitions. Les mots n'ont d'intérêt et de sens que pour la part d'Amour qu'ils transportent, la part d'énergie divine. Et tous ces mots que véhiculent les religions, toutes ces notions se sont peu à peu vidées de leur vie propre à force d'avoir été usées, parfois violées, par des traditions inhumaines et des institutions sans âme. C'est pourquoi je voudrais attirer l'attention sur la part d'Amour qui y demeure pourtant, la présence divine qui ne saurait s'éteindre : il y a beaucoup à découvrir encore concernant l'Amour, beaucoup de choses à dire à propos de la Bonne Nouvelle. Mais avant d'inventer de nouveaux mots, commençons par distinguer le Divin qui sommeille dans ceux que nous avons, asphyxié par la vacuité de nos conditionnements et de nos peurs : réveillons-le, il se pourrait bien qu'Il ait quelque chose à nous dire... Un mot d'Amour, un grand « Salut » !
Geoffroi 
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