La situation est particulièrement tendue à Kandahar où les terroristes menacent toujours la vie des 160 passagers de l’Airbus d’Indian Airlines. Les exigences des preneurs d’otages se sont accentuées : ils réclament aujourd’hui la libération de 35 combattants musulmans en plus de celle du leader religieux pakistanais Masood Azhar. Ce drame relance la crise entre l’Inde et le Pakistan sur la question du Cachemire où les séparatistes s’opposent à l’armée indienne dans un conflit qui a fait plus de mille morts l’été dernier. Les autorités de New Delhi ont d’ailleurs accusé le gouvernement pakistanais d’avoir permis ce détournement d’avion, affirmation qui ne semble pas fondée.
Actuellement, les dirigeants indiens semblent opter pour le pourrissement de la situation, partagés qu’ils sont entre la colère des familles des otages et la position ferme des généraux qui refusent de céder aux menaces des terroristes. La communauté internationale, après avoir condamné l’acte de piraterie, suit les négociations en direct par l’intermédiaire des diplomates envoyés sur place par les pays ayant des ressortissants détenus dans l’avion. A bord, la situation ne cesse de se détériorer : les passagers sont maintenus sur leur siège, la tête baissée et les yeux bandés pour les hommes. Les terroristes ont autorisé le personnel de l’aéroport à refaire le plein de l’Airbus afin d’assurer le chauffage de l’appareil.
Si ce drame a pu avoir lieu, la responsabilité en revient aux gouvernements indien et pakistanais qui n’ont cessé de s’affronter depuis la partition en 1947 : aujourd’hui, ce sont des innocents qui en subissent une fois encore les conséquences. Il revient à présent à l’état indien de trouver une issue rapide à la crise en s’efforçant par tous les moyens de protéger la vie des otages. Certes, la situation est extrêmement difficile à gérer et nécessitera beaucoup de maîtrise. Pour cela, seules des négociations constantes et une volonté claire du gouvernement indien d’assumer la crise avec le maximum d’énergie permettront de faire lentement évoluer le climat de tension vers davantage d’apaisement. Sans pour autant céder aux terroristes, ce qui reviendrait à encourager de futurs détournements d’avion, le simple fait d’assumer ses responsabilités ouvre toujours des issues positives aux situations les plus dramatiques.
Geoffroi  |