| Fruits amers |
30 avril 1999 |
Cela ressemble à un citron ou à un coing, un fruit trop mûr qui serait tombé d'un arbre invisible. Il y en a un peu partout autour des maisons, dans les champs et les jardins... On ne sait pas quand elles vont exploser en répandant leurs éclats aux alentours : ce sont des bombes antimatériel. Elles sont destinées à endommager des infrastructures comme ce devait être le cas hier, à l'aéroport de Podgorica au Monténégro. Mais elles se sont retrouvées éparpillées à des kilomètres à la ronde, tuant du bétail et blessant des civils.
Insidieusement, la négativité fait ainsi son chemin en se servant des erreurs humaines. Les serbes ont à présent de nouvelles raisons d'imaginer que les pays de l'Europe de l'Ouest leur font la guerre directement et veulent anéantir leur nation. Ils pensent même que les occidentaux utilisent pour cela des armes interdites : ces mines antipersonnel tristement célèbres qui symbolisent la lâcheté et la perversité de la guerre.
Ce nouvel épisode du conflit du Kosovo est riche d'enseignement : il doit nous faire comprendre qu'il n'y a pas d'attitude médiane possible. Soit nous nous orientons dans un sens vraiment positif et créateur, soit nous sombrons rapidement dans la négativité. A n'avoir pas voulu prendre le chemin de la Fraternité, les pays de l'Alliance Atlantique connaîtront eux aussi le goût amer de ces fruits : l'amertume de l'injustice mêlée à l'acidité de la haine. De même que nous, si nous ne choisissons pas la voie de l'Amour des autres, nous ne tarderons pas à nous détester. Aimer c'est s'engager.
Geoffroi  |