| La Ville Sainte |
29 septembre 1999 |
Une société viticole israélienne vient de mettre sur le marché une cuvée intitulée « Jérusalem 2000 ». Sur la bouteille figure une photo représentant les célèbres mosquées qui constituent un lieu-saint pour tous les musulmans. Nul ne peut dire actuellement s'il s'agit d'une maladresse ou d'une provocation. Toujours est-il que les autorités palestiniennes ont exprimé leur indignation. Non seulement le statut futur de la ville sainte est un sujet de graves discordes entre palestiniens et israéliens, mais, de plus, la consommation d'alcool est interdite aux musulmans...
Voilà qui nous conduit naturellement à évoquer le sort d'Urushalim (Jérusalem), cité cananéenne dont David fit sa capitale, où il déposa l'Arche d'Alliance et qui n'a cessé d'être le centre religieux du judaïsme par-delà les douleurs et les tourments de son histoire. Pour les chrétiens, Jérusalem symbolise la cité de Dieu à la fois parce que Jésus y a annoncé l'Evangile, y est mort et ressuscité, mais aussi parce que l'Apocalypse de Jean en fait la ville des futurs élus. Quant aux musulmans, ils situent le sacrifice d'Abraham sur l'esplanade du Temple où se trouve le Dôme du Rocher. A l'heure actuelle, les palestiniens voudraient faire de la partie est de Jérusalem la capitale de leur futur état tandis que les israéliens en affirment avec force l'indivisibilité.
A l'évidence, Jérusalem est la ville de toutes les épreuves et nul ne pourra jamais la posséder vraiment. Son histoire spirituelle en fait naturellement la ville de la fraternité retrouvée et une capitale symbolique dans le cœur des croyants, quelle que soit leur confession. C'est sur cette base que doivent se comprendre les êtres de bonne volonté, en prenant conscience du fait qu'ils devront dépasser leur ego, leurs querelles et leurs ambitions. Le statut de Jérusalem ne peut être que le fruit de la tolérance, du respect mutuel et de l'ouverture la plus large possible sur le monde : loin des compromis péniblement arrachés, il doit affirmer son caractère illimité et traduire l'espérance de paix à laquelle aspirent tous les hommes.
Geoffroi 
Lectures conseillées :
>> Palestine - Israël. Approches historiques et politiques - Collectif , Samaha Khoury : Le destin de la Palestine est, depuis toujours, tragique. L'histoire de cette terre est celle d'incessants conflits. La violence qui s'y manifeste est probablement liée au fait religieux : sur une “Promesse divine” se sont greffées des réalités politiques. Tout cela engendre contestations et discordes, là où il faudrait une sage organisation, respectueuse des droits de tous, et des compromis à défaut de consensus. Il est difficile d'expliquer le conflit israélo-arabe sans recourir à l'histoire et sans revenir sur la fameuse “Promesse de Yahvé”, sur l'idéologie sioniste et le rêve de la “Terre Promise”, sur la déclaration de Balfour et enfin sur les décisions de l'ONU, surtout celle du partage de 1947, et leur nonapplication. Avec l'accord d'Oslo de 1993, la paix semblait pouvoir s'établir. Mais cet accord était-il véritablement l'œuvre commune de toutes les parties en présence ? La paix qui devait résulter de cet accord n'était-elle pas plutôt une fausse paix, annonciatrice de futures catastrophes ?
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>> Jérusalem : Juifs chrétiens et musulmans au cœur d'une ville unique - Jacques Potin : Jérusalem, revendiquée par les juifs, les chrétiens et les musulmans comme leur centre spirituel, fut tour à tour annexée par chacune des grandes religions monothéistes ou par les civilisations qui les incarnaient. Jacques Potin retrace dans cet ouvrage l'histoire politique et religieuse de Jérusalem des temps bibliques jusqu'aujourd'hui.
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>> Michel Sabbah : Paix sur Jérusalem, propos d'un évêque palestinien - Yves Teyssier d'Orfeuil : « Ce pays à la quête de Dieu finira-t-il par rencontrer Dieu ? » Cet appel vibrant, c’est Mgr Sabbah, évêque palestinien et patriarche latin de Jérusalem qui le lance, renouvelant ainsi son message de paix et l’opposition absolue de l’Eglise à la violence. Etre chrétien en Terre sainte aujourd’hui est à la fois une vocation et un combat, spirituel, moral et psychologique. Quel dialogue engager entre les Eglises ? Quel lien entretenir avec l’islam ? Comment trouver un juste équilibre avec le judaïsme, quand Israël est perçu comme l’oppresseur ? Dans son constat, le patriarche rejoint les grandes intuitions de Jean-Paul II sur Jérusalem et la Terre sainte. A l’heure où le conflit israélo-palestinien se durcit et où de nouvelles vagues de violence s’abattent sur le pays, Mgr Michel Sabbah délivre aussi le meilleur des encouragements : l’espérance.
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