| Liberté de croyance |
27 décembre 1999 |
Les autorités de Pékin cherchent à accroître leur pouvoir sur le peuple en annihilant tout ce qui n’est pas conforme à la pensée communiste. Elles viennent en effet de prendre des mesures extrêmement répressives à l’égard de la communauté protestante et des membres de la secte Falungong dont l’influence est considérable dans le pays.
Plusieurs responsables protestants ont été condamnés à des peines allant de une à trois années de camp de rééducation : un système qui permet de mettre à l’écart toute personne gênante sans le moindre procès. Les personnes incriminées par le gouvernement chinois dirigeaient le mouvement des « églises à domicile » qui compte plusieurs dizaines de millions de croyants.
Quant aux dirigeants du Falungong, ils ont écopé de plusieurs années de prison après une parodie de procès. Le régime leur reproche d’entraver l’application de la loi. En réalité, prises de court par la manifestation organisée par la secte sous les fenêtres du siège du parti communiste au début de l’année, les autorités ont déclenché depuis quelques mois une campagne de répression qui a occasionné l’arrestation de dizaines de milliers d’adeptes du Falungong.
Cela fait bien longtemps que le pouvoir communiste chinois s’oppose à la liberté de religion et tente de réprimer tout système de pensée divergeant de la ligne intellectuelle imposée par le parti. A l’instar de n’importe quelle dictature, les dirigeants chinois expliquent toujours aux défenseurs des droits humains que la Chine est un pays trop pauvre pour que la priorité soit donnée aux libertés individuelles. Ce discours montre bien que la liberté de croyance et de culte est un droit fondamental, une valeur commune à tous les êtres humains dont l’ensemble de la planète devra bénéficier tôt ou tard, malgré les freins imposés par les tyrans. La véritable pauvreté n’est pas de manquer de nourriture mais d’espérance.
Geoffroi  |