A l'occasion du Jubilé de l'an 2000, le pape Jean-Paul II devrait se rendre, à la fin de l'année, dans plusieurs pays du Moyen-Orient afin de prier sur les lieux sacrés de la Bible. Le Saint Père se rendrait notamment en Irak, pays pour lequel il a demandé la levée de l'embargo imposé depuis de nombreuses années. Il est cependant probable que les Etats-Unis feront tout pour empêcher cette visite et le pape doit encore obtenir l'autorisation de l'ONU pour se rendre en avion à Bagdad. Depuis 1990, la population irakienne souffre de cet embargo qui asphyxie son économie et réduit sa population à la misère sans pour autant entamer le pouvoir du dictateur Saddam Hussein. Et c'est sans parler des raids aériens effectués par les avions britanniques et américains qui tuent régulièrement des civils.
Comme en Serbie, la stratégie du gendarme du monde est toujours de punir la population pour qu'elle en vienne à se révolter contre le régime tyrannique qui la manipule. Et comme toujours, cela ne fait que renforcer les tendances nationalistes des hommes et des femmes ainsi opprimés. Au nom de quel principe éthique pourrait-on justifier de faire souffrir ainsi tout un peuple innocent et de le priver de son développement ? Ce n'est pas ainsi que l'humanité parviendra à la stabilité mais sans doute est-ce là le dernier des soucis des militaires qui n'ont pas supporté de ne pas avoir abattu le tyran de Bagdad.
Si les êtres humains veulent sincèrement que la fraternité grandisse entre les nations, ils doivent comprendre que cela commence par les échanges au niveau des peuples et que le commerce pourrait être un excellent moyen de propagation des idées de démocratie et de respect des droits humains. Il est, en revanche, parfaitement incohérent de demander à une population d'adopter les mêmes principes qu'un pays qui la persécute. Que les pays occidentaux commencent donc par respecter scrupuleusement les fondements éthiques de la démocratie avant de prétendre au titre de guide pour le reste du monde.
Geoffroi  |