| Le viol |
25 septembre 1999 |
Des chercheurs britanniques viennent de publier les résultats d’une enquête menée auprès de 2000 jeunes gens âgés de 14 à 20 ans. La moitié d’entre eux estime que le viol est une pratique normale dans certaines circonstances : entre autres, si la personne est réputée avoir des relations avec beaucoup d’hommes... Par ailleurs, le quart des jeunes interrogés trouve juste de frapper une femme si elle a eu des rapports sexuels avec un autre homme que son compagnon. Enfin, parmi les jeunes filles ayant participé à cette étude, le tiers accepte l’idée qu’une femme puisse être contrainte à des relations sexuelles. Que dire face à de telles statistiques, surtout lorsque des adolescentes elles-mêmes renoncent à leurs droits fondamentaux ? Nous pourrions disserter longuement sur la perte des valeurs ou leur quasi inexistence dans nos sociétés. Nous pourrions aussi conclure que la domination masculine est une réalité quotidienne sur toute la planète et pas seulement dans les pays pauvres... Tout cela demeure exact bien qu’incomplet.
Peut-être devrions-nous nous interroger surtout sur le manque de confiance qui sévit un peu partout, dans les esprits des jeunes et, finalement, de tous. Ce fameux manque d’Amour de soi qui fait douter de ses capacités de sorte qu’un individu ignore jusqu’où il pourrait aller. Ce manque de reconnaissance à l’égard des femmes qui les poussent elles-mêmes à se soumettre aux conditionnements ambiants. Nous ne pouvons pas aimer véritablement un autre être si nous ne nous aimons pas nous-mêmes un minimum. A plus forte raison dans le domaine de l’union physique, l’Amour de soi permet de ne pas confondre ce qui appartient au « savoir recevoir » et ce qui relève du « prendre ». S’aimer, avoir confiance en soi et en l’autre, telles sont les valeurs qui nous permettent de dépasser le monde du besoin pour entrer dans celui de l’échange. Plus que des valeurs, ce sont les énergies dont se sert notre conscience pour distinguer ce qui est normal de ce qui est un crime contre son prochain. Le viol en est un.
Geoffroi  |