| Principes humanistes... |
21 octobre 1999 |
Le président chinois Jiang Zemin effectue actuellement un voyage officiel en Grande-Bretagne dont le but est, entre autres, de négocier des contrats exorbitants et de réaffirmer aux investisseurs la volonté de la Chine de s’ouvrir au monde. En effet, le gouvernement de Pékin désire ardemment parvenir à faire accepter la Chine au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce. Cependant, elle n’entend toujours pas aborder la question des droits humains, à l’image de son dirigeant qui feint d’ignorer les manifestants massés autour du cortège officiel et qui brandissent des drapeaux aux couleurs du Tibet quand ce ne sont pas des banderoles en faveur de la démocratie...
Parallèlement, en France, alors que l’on se prépare également à recevoir Jiang Zemin, le président de la commission des affaires étrangères, Jack Lang, accueillera le plus célèbre des dissidents, Wei Jingsheng, avec lequel il tiendra une conférence de presse où seront évoquées les innombrables violations des droits de l’homme imputables au régime chinois. Cette initiative ne saurait pourtant nous donner bonne conscience. Aujourd’hui, la question de la justification de la visite d’un président chinois ne se pose même plus : il est véritablement honteux qu’aucun débat ne soit engagé publiquement au moment où une nation, qui se veut à la pointe des libertés, est sur le point d’accueillir sans condition le représentant d’un régime aux valeurs inhumaines. Consolider des rapports d’état à état est une chose, mais la décision d’accepter de nouer des relations commerciales avec un gouvernement sanguinaire devrait au moins faire l’objet d’une prise de conscience nationale.
Lorsque nous voyons les tibétains s’attacher courageusement au précepte bouddhiste de la non-violence alors qu’ils subissent la pire des oppressions, nous ne pouvons qu’être atterrés de voir combien les démocraties occidentales sont pressées de jeter au vent les principes humanistes chèrement acquis au cours de leur histoire. Les causes de cette déchéance sont nombreuses : elles se nomment le cynisme, le matérialisme et, surtout, l’absence de conscience fraternelle.
Geoffroi  |