| Le siècle de l'éthique |
15 juillet 1999 |
Lors du traditionnel entretien du 14 juillet avec les journalistes, le président Jacques Chirac a déclaré que le vingt et unième siècle serait celui de l'éthique. Pendant ce temps, Louise Arbour, procureur du T.P.I., continuait sa visite des charniers du Kosovo : 250 sites de massacres ont été recensés jusqu'à maintenant, ce qui signifie que la quasi totalité des communes de cette province aura subi ce martyre. Un peu plus loin, en Iran, débutait la répression contre les étudiants qui demandaient plus de réformes et de libertés à des religieux corrompus... Et ce ne sont là que quelques exemples tirés de l'actualité du moment laquelle recèle bien d'autres horreurs et événements négatifs qui nous font dire : « oui, il faut que le siècle prochain soit celui de l'éthique ! »
Pour commencer, il serait bon que le président français réfléchisse au rôle joué par son pays dans le commerce mondial des armes : une attitude un peu plus morale à l'égard de ce qui constitue un véritable fléau pour l'humanité permettrait aux hommes politiques de parler d'éthique tout en restant crédibles. Malheureusement, le comportement des pays les plus riches fait si peu de cas du bien de l'humanité que nous ne pouvons compter sur leurs dirigeants pour s'engager sérieusement dans une conduite des affaires de l'état qui tienne compte de la morale.
Bref, en matière de justice et d'éthique au niveau de l'humanité, nous ne devons rien attendre de ceux qui nous gouvernent mais devons seulement nous interroger sur ce que nous avons l'intention d'entreprendre par nous-mêmes. Nous qui avons la chance de communiquer par le biais d'Internet et de passer allègrement par-dessus les frontières des états, nous devons prendre conscience de ce potentiel formidable qui n'attend que notre bon vouloir pour être au service de la fraternité. Si nous-mêmes, qui faisons partie des privilégiés de cette planète, ne mettons pas tout en œuvre pour participer à sa transformation en vue du siècle prochain, ne nous plaignons de rien : l'occasion nous aura été donnée de « faire fructifier notre talent ».
Geoffroi  |