| La dernière chance |
14 décembre 1999 |
Knut Vollebaeck, ministre des affaires étrangères de Norvège et président de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe est arrivé en Azerbaïdjan : il devrait visiter durant trois jours les pays du Caucase du nord afin d’y évaluer la situation. Il a demandé à la Russie de cesser ses attaques sur Grozny pendant 24 heures pour permettre à la population de quitter la ville. En effet, les routes laissées ouvertes par les forces russes ne sont pas utilisées par les civils qui préfèrent se protéger dans leurs caves plutôt que de risquer d’être exterminés.
Actuellement, l’armée continue sa progression dans les faubourgs de Grozny et ne semble pas prête à s’arrêter. Le gouvernement russe a montré sa détermination en répliquant vigoureusement aux propos du commandant de l’OTAN qui l’accusait de faire en Tchétchénie la même chose que Milosevic au Kosovo, indiquant à Wesley Clark qu’il n’était pas en position de « faire des sermons »...
Il est certain que l’attitude de l’Occident à l’égard des civils, lors de l’opération militaire au Kosovo, n’avait rien d’humanitaire. Les excès commis par l’OTAN dans sa volonté de punir la population serbe permettent aujourd’hui aux soldats russes de se livrer à leurs exactions sans être inquiétés. Le Pape Jean-Paul II a profité de la perspective de la Journée de la Paix du 1er janvier 2000 pour prendre position dans le conflit tchétchène en se montrant favorable à l’ingérence humanitaire : il a clairement évoqué la nécessité d’intervenir concrètement pour désarmer l’agresseur lorsque toutes les solutions non-violentes auront été épuisées. En d’autres termes, l’Occident et, plus spécialement, l’Europe, se trouve dans une situation désastreuse du fait de son manque total de cohérence et de cohésion lorsqu’il s’agit de régler les plus graves questions humanitaires. Il lui reste aujourd’hui une dernière chance d’accomplir son devoir sur la scène internationale en exerçant les plus sévères pressions sur la Russie. Après, il sera trop tard et lorsqu’il n’y aura plus d’autre alternative que d’imposer à la Russie une force d’intervention multinationale en Tchétchénie, de lourdes menaces pèseront sur la paix mondiale.
Geoffroi
Lectures conseillées :
>> Tchétchénie - dix clés pour comprendre - Comité Tchétchénie : Ce livre constitue un des rares ouvrages offrant un regard critique et une analyse détaillée sur la guerre sanglante entre la Russie et cette petite république située au nord du Caucase qui réclame son indépendance. La campagne de désinformation que poursuit le gouvernement russe et l'espionnage dont il accuse les organisations humanitaires, combinés au désengagement de la communauté internationale, imposent un silence de plus en plus lourd, à mesure que les années passent. Toutefois, les auteurs, s'étant rendus à maintes reprises en Tchéchénie, décortiquent de manière concise la complexité des enjeux entourant le conflit qui s'y déroule à huis clos, depuis près d`une décennie. Ils révèlent les motivations cachées des principaux acteurs impliqués dans le conflit sur le plan national et international et offrent un portrait désolant des répercussions de la guerre au sein des sociétés tchétchène et russe. Fait-on la guerre pour le pétrole ? Quel est le rôle des islamistes dans le conflit ? Qui est responsable des violences envers les civils et pourquoi la guerre se poursuit-elle ? Voilà quelques-unes des dix questions auxquelles répondent les auteurs afin de remettre le conflit en Tchétchénie au cœur du débat public.
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>> La Guerre de Tchétchénie - Allaman : Une fois encore, la Russie et la Tchétchénie sont en guerre. Au mépris des Conventions de Genève et avec l'approbation tacite de la communauté internationale, Moscou commet les pires exactions dans le nord du Caucase. En août 1999, moins de quatre ans après la fin de la précédente guerre de Tchétchénie, qui aurait pensé que Moscou se lancerait dans une nouvelle aventure militaire encore plus meurtrière et sanglante que la précédente ? Qui aurait dit que Vladimir Poutine ferait de ce nouveau conflit avec la Tchétchénie son fonds de commerce électoral et le tremplin de son incroyable ascension politique ? Vladimir Poutine porte une écrasante responsabilité dans le drame actuel qui ravive l'antagonisme séculaire entre Russes et Tchétchènes. Gardien d'un régime corrompu, élevé à la dure école du KGB, le maître du Kremlin va-t-il mener la Russie vers de nouveaux précipices ? Le présent ouvrage décrypte et analyse les origines et les mécanismes d'une machination politique, dénonce une instrumentalisation de la guerre à des fins personnelles et stigmatise le silence complice de l'Occident qui laisse l'armée russe massacrer le peuple tchétchène en toute impunité.
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>> Otage en Tchétchénie - Brice Fleutiaux : Brice Fleutiaux raconte son «incroyable expérience» d’otage en Tchétchénie, pays insaisissable qu’aucun journaliste – et pour cause – n’a côtoyé aussi longtemps.
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