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13 août 1999


L'Afrique a besoin de 500 millions de dollars, dès maintenant. Entre l'Ethiopie, le Burundi, le Congo, l'Angola et bien d'autres pays, c'est une somme de près de 800 millions de dollars qui s'avère nécessaire pour assurer la survie de douze millions de personnes. Or, l'ONU n'a même pas pu réunir la moitié de cet argent et doit donc réduire considérablement son aide dans ces pays. Les événements du Kosovo expliquent en partie que les occidentaux manifestent actuellement un intérêt moindre à l'égard des crises humanitaires en Afrique. Mais ce n'est pas la seule raison : les épreuves terribles que traversent tant de nos semblables, ici en Europe, en Afrique, en Asie et un peu partout dans le monde, constituent un appel à plus de partage et de fraternité que nous devons cesser d'ignorer. Notre passé contient trop de jours sombres où nous avons bâti notre prospérité aux dépens de plus faibles que nous. Quant à notre présent, il ne peut dissimuler l'égoïsme qui imprègne les structures de notre société.

Entre cet appel pour venir en aide à l'Afrique, lancé hier par le secrétaire général de l'ONU, Monsieur Kofi Annan, et celui en faveur de l'application de la Convention de Genève sur la protection des personnes en cas de conflit (lancé le même jour par le Comité International de la Croix Rouge), nous avons l'expression des malheurs qui frappent une grande partie de l'humanité. L'autre partie, apparemment plus à l'aise, connaît cependant une profonde crise de ses valeurs. Comment, dans ces conditions, ne pas prendre conscience de la nécessité que ces deux mondes se rencontrent ? Comment ne pas voir qu'il y a là une harmonie entre des millions d'êtres qui ont besoin de donner et des millions d'autres qui ont besoin de recevoir ? Il n'y a pas de hiérarchie dans ces besoins : il n'y a donc ni honte à avoir ni culpabilité à ressentir. Il faut seulement que nos sociétés tiennent compte de ces nécessités nouvelles dues à l'émergence d'une véritable conscience universelle des droits humains, en cette fin de vingtième siècle. Faisons donc en sorte que le prochain millénaire mette le partage quotidien au premier plan de ses priorités : ainsi, nous n'irons plus travailler pour offrir une vie heureuse à nos proches seulement, mais aussi à nos frères et sœurs éloignés... Et cela nous paraîtra naturel.

Geoffroi


Lectures conseillées :

>> Repenser la richesse - Patrick Viveret : Le travail de Patrick Viveret vise à montrer que notre modèle occidental de développement n’est pas soutenable dans le long terme, ni même généralisable sur l’ensemble de la planète. Il pose dans ce livre trois questions fondamentales : "Qu’allons-nous faire de notre planète ? de notre espèce ? de notre vie ?" "Aujourd’hui deux catégories d’êtres humains sont à fond de cale : les pauvres, qu’on proscrit au motif que les conditions de misère, d’exclusion, d’absence de soins etc. dans lesquelles on les place leur interdisent toute dignité d’être humain ; mais également les riches et les puissants qui, en s’enfermant dans une logique où les autres sont considérés comme des rivaux, se condamnent à vivre cette magnifique aventure de l’existence à la surface des réalités, dans la solitude et finalement le désespoir." Comment sortir par le haut de cette société qui “chosifie les rapports sociaux, marchandise le vivant et l’intelligence” ? Telle est la question à laquelle veut répondre ce livre. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> La Pauvreté : Une fatalité ? Promouvoir l'autonomie et la sécurité humaine des groupes défavorisés : Bénin - Burkina Faso - Mali - Niger - Collectif : Pauvreté et sécurité humaine dans des environnements africains - Quelques réflexions et repères pour l'action. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> Géopolitique de la faim - Action contre la faim : Deux cents millions de victimes de la faim en Afrique subsaharienne ! Ce rapport d'Action contre la faim dresse un constat sévère. La réflexion s'organise autour de l'étude de six crises alimentaires majeures (Timor oriental, Sierra Leone, Angola, Éthiopie, Corée du Nord, Tchétchénie). Il apparaît que les pays occidentaux, forts de leur "droit d'ingérence", peuvent être accusés de n'intervenir trop souvent qu'en fonction de leurs intérêts économiques et stratégiques. Mais l'analyse des circuits de l'aide alimentaire, des acteurs, des intérêts, laisse entrevoir les raisons d'une certaine faillite de la lutte contre la faim, liée à l'instrumentalisation de l'aide par les donateurs, mais aussi par les gouvernements et élites des pays receveurs. Action contre la faim livre ici un témoignage du dévouement quotidien et souligne l'ampleur de la tâche : lutter contre la faim, mais aussi contre les conséquences de la guerre, de la corruption, de la pauvreté. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> La faim dans le monde - Sylvie Brunel : Analyse sociopolitique d'une tragédie qui ne devrait pas exister, la faim dans le monde. L'auteur explique pourquoi la faim existe toujours et comment il est possible d'en venir à bout. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !


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