| De l'air ! |
13 juillet 1999 |
A Ljubenic, on cherche les cadavres. La K.F.O.R. avait tout d'abord avancé le chiffre de 350 morts, ce qui aurait constitué le plus important massacre ayant eu lieu au Kosovo, mais, pour le moment, ce sont environ 70 corps qui ont pu être repérés. Le travail des enquêteurs du Tribunal Pénal International sera long tant il y a eu de tueries... Un soldat serbe, interrogé par une correspondante du journal Libération, a été témoin de massacres. Il raconte comment l'un de ses camarades a exécuté une trentaine de personnes parce que son « voisin de chambrée » avait été tué par les bombardements de l'O.T.A.N. Devant ce spectacle, il a cru devenir fou : « c'est comme si le cerveau s'arrêtait de fonctionner, comme si on cessait de sentir. On devient comme une plante. »
Ce témoignage particulièrement frappant nous permet de prendre conscience des effets destructeurs de la violence sur ceux qui la pratiquent à un haut degré. Si ce soldat qui n'a pas participé à cette tuerie est déjà marqué à vie, dans quel état psychologique et moral peut donc être son auteur ? Nous savons bien que la haine et la négativité s'opposent tellement à la nature de l'homme qu'elles provoquent en lui une dispersion de sa conscience, une atomisation de sa personnalité. Ce que nous réalisons moins, c'est que l'ensemble des actes négatifs commis au cours d'une vie humaine peut aboutir au même résultat.
Certes, ces manques d'Amour à l'égard du prochain sont infiniment moins spectaculaires que les crimes évoqués précédemment. Toutefois, leur accumulation ne cesse d'aggraver l'état spirituel et psychique de celui qui les commet et, de plus, leur aspect habituel les rend difficiles à détecter, presque anodins. A force de cultiver des pensées négatives et d'être pesant pour notre entourage - quand ce n'est pas pire - nous nous enfermons dans une prison invisible faite de conditionnements n'ayant rien à voir avec l'Amour. Or, si nous ne faisons pas plus fréquemment appel à Lui, nous finirons par oublier qu'Il est le seul remède à tous les maux, l'air frais dont nous avons besoin pour respirer.
Geoffroi  |