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Intellectuel...
13 mai 1999


L'écrivain Régis Debray, de retour de Macédoine et de Yougoslavie, faisait paraître hier une lettre ouverte au président de la république dans les colonnes du journal Le Monde. Fort des témoignages recueillis au cours de ce voyage d'une semaine, Régis Debray est de ceux qui pensent que l'intervention de l'OTAN est une absurdité et que les exactions commises au Kosovo ont été largement amplifiées... Le philosophe insiste par ailleurs pour que le président Milosevic ne soit pas comparé à un dictateur et non plus que le sort des kosovars, même dramatique, soit assimilé à celui du peuple juif durant la seconde guerre mondiale.

Ce document qui se voudrait objectif est intéressant à plus d'un titre : il montre comment, à notre époque, un intellectuel tente de se forger une opinion tout en laissant de côté l'essentiel, à savoir la dimension spirituelle. Nous ne nous attarderons pas sur les arguments visant à démontrer que l'on ne peut pas parler de « crime contre l'humanité » ni prétendre « que l'on ne fait pas la guerre au peuple serbe » : même si nous partageons certaines vues avec l'auteur de cet article (comme le fait que cette intervention de l'OTAN n'a eu que des effets profondément négatifs), le fondement de nos convictions est tout autre. Nous nous moquons, en effet, que la politique de l'Europe soit conduite par les américains en cette affaire : si elle allait dans le sens de la Fraternité, nous serions les premiers à la saluer. De même, peu nous importe que des témoignages aient été exagérés : il suffit de constater l'état actuel des réfugiés pour comprendre que toute l'humanité est frappée par une main criminelle. Enfin, la recherche du terme le plus juste pour qualifier Milosevic est un débat qui nous semble vain : nous n'avons pas à juger un homme qui se condamne lui-même par ses actes depuis longtemps.

Autrement dit, lorsque l'humanité connaît une situation aussi grave que celle que nous vivons actuellement, la recherche de l'objectivité et l'argumentation intellectuelle montrent immédiatement leurs limites. Seul le cœur a quelque chose d'utile à dire en ces jours graves... Et son discours tient en peu de mots : agissons pour construire la Fraternité là où nous sommes et ne nous attardons pas sur la négativité. Ne pensons qu'à ce que nous pouvons donner de nous-mêmes...

Geoffroi Contact


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