| Les défavorisés |
12 novembre 1999 |
Le jeune suisse-américain de 11 ans, accusé d’avoir pratiqué des attouchements d’ordre sexuel sur sa petite sœur, vient d’être relâché par la justice américaine. Il devrait rentrer aujourd’hui même en Suisse où il retrouvera ses parents. Poursuivi pour inceste par la justice de l’état du Colorado, Raoul avait été arrêté le 30 août dernier, en pleine nuit. On lui avait même mis les menottes...
Pendant les nombreuses semaines qu’il a passées dans un centre de détention, l’opinion publique suisse s’est mobilisée pour le soutenir, lui et ses parents, et manifester son indignation auprès des plus hautes autorités américaines. C’est donc avec le plus grand soulagement que toutes les personnes, de Suisse et d’ailleurs, qui se sentent concernées par les droits de l’enfance ont accueilli cette nouvelle.
Pourtant, nous ne pouvons nous empêcher de penser avec amertume aux millions d’enfants vivant dans des pays défavorisés et qui ne bénéficieront jamais d’une telle mobilisation : malgré tous les efforts réalisés par les organisations humanitaires depuis des décennies, l’œuvre à accomplir demeure gigantesque. Ainsi, à mesure que nous découvrons l’ampleur et la variété des crimes commis à l’encontre des enfants, comment ne pas désirer nous engager de façon plus personnelle ?
Si beaucoup de gens sont capables de s’investir en faveur d’un seul enfant, c’est parce qu’ils connaissent son histoire et se sentent proches de lui. Mais pour tous ces enfants des pays défavorisés, le premier drame est qu’ils nous sont inconnus. Avant de pouvoir être un jour plus concrètement reliés à eux, nous pouvons dès maintenant par nos pensées et nos prières nous rapprocher de l’un d’entre eux. Si nous ne savons rien de lui ni ne pouvons mettre un visage sur ses souffrances, l’enfant que nous soutiendrons ainsi à distance existe forcément quelque part. Et lorsque des détails de sa vie viendront s’imposer à notre esprit, ce ne sera pas le fruit de notre imagination mais le résultat d’un appel qu’il nous lance auquel notre âme aura répondu.
Geoffroi  |