| Violence intérieure |
12 août 1999 |
Tout récemment, une fusillade a eu lieu dans un centre culturel juif près de Los Angeles, faisant cinq blessés graves dans la garderie. Le meurtrier, qui s'est livré à la police, transportait dans son véhicule un véritable arsenal. Quelques jours auparavant, dans une entreprise américaine, un employé tirait sur ses collègues de travail, blessant ou tuant une douzaine de personnes. Nous nous souvenons également du massacre du lycée de Littleton où beaucoup de jeunes gens trouvèrent la mort... Aux Etats-Unis où le droit de posséder une arme est inscrit dans la constitution, la croisade menée par tous ceux qui ne supportent plus la violence quotidienne se heurte à de nombreux obstacles : la liberté individuelle, le droit de se défendre et... le lobby des marchands d'armes.
En réalité, les arguments des partisans de la détention libre d'armes à feu ne témoignent que d'une chose : leur violence intérieure qui transparaît, même lorsqu'elle est habilement dissimulée derrière des préoccupations apparemment raisonnables. Le fait de posséder une arme ne constitue pas une garantie de liberté individuelle, bien au contraire : comme tout comportement négatif, cela traduit plutôt un conditionnement supplémentaire, une soumission à la peur. Détenir une arme ne permet pas non plus de protéger la vie de ceux que l'on aime : c'est par le sacrifice que l'on y parvient, par le don de sa vie, ce qui ne s'apprend pas dans les stands de tir. Quant à songer à défendre sa propre existence, cela traduit tout bonnement un manque total de confiance en la Vie, comme si quelque chose pouvait nous arriver qui tienne du hasard alors que nous sommes dans la main du Père ! Reconnaissons plutôt qu'il demeure en nous une certaine violence, fruit amer de nos frustrations et de notre désarroi devant la négativité du monde. Seul l'Amour du prochain peut venir à bout de cette maladie car il n'y a pas de combat à mener ni d'ennemi à détruire : il faut seulement mettre de l'Amour là où il en manque, combler les autres d'Amour... Encore et toujours.
Geoffroi  |