| Volonté de Paix |
9 novembre 1999 |
Les négociations ont repris ce lundi entre israéliens et palestiniens relativement au sort futur de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Après trois années perdues à cause du changement de régime en Israël, ces discussions devraient enfin permettre de tracer les limites de l’état palestinien d’ici la fin de l’année prochaine. Bien évidemment, les deux délégations ont une approche des problèmes rigoureusement opposée. Pour Israël, il est hors de question de revenir aux frontières de 1967 ainsi que de remettre en cause la souveraineté de l’état hébreu sur Jérusalem ou sur les 150 colonies implantées dans des territoires où vivaient des palestiniens avant la guerre des Six Jours. Israël se refuse d’ailleurs à envisager le retour de ces réfugiés afin de « ne pas perpétuer le conflit ». Du côté palestinien, on se borne à rappeler fermement les résolutions de l’ONU sur chacun de ces points et à demander l’application du droit international et de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme...
Si l’on peut se réjouir d’assister aujourd’hui à la reprise des négociations entre les deux camps, il est assez affligeant de voir la conception que des êtres humains ont de la paix en cette fin de vingtième siècle. Il est en effet peu cohérent de croire que la stabilité d’un état ou d’une région du monde puisse se bâtir sur de tels marchandages : au cas où l’un des deux partis ressortirait vainqueur de ces tractations, l’autre ne manquerait pas de recourir à la violence pour infléchir le cours politique des choses. Israéliens comme palestiniens semblent pourtant désireux de s’orienter vers la paix mais sans doute sont-ils trop soucieux de ne pas paraître faibles au regard de leur opinion publique respective.
Ainsi, si les états en présence et la communauté internationale ne s’engagent pas avec davantage de passion, il est peu probable qu’une paix de longue durée puisse émerger de ces pourparlers. La paix ne peut résulter de la médiocrité et de la seule défense de leurs intérêts de la part des pays concernés : elle est un véritable combat à mener qui nécessite un profond acharnement doublé d’une conscience de la fraternité très développée. A ce titre, elle intéresse toutes les nations et dépasse le cadre de négociations entre palestiniens et israéliens. Une fois encore, c’est tous ensemble que les individus peuvent avancer vers plus de justice et d’harmonie.
Geoffroi  |