| Religion et tolérance |
7 novembre 1999 |
Au cours de son voyage en Inde, le pape a lancé un appel à tous les dirigeants de la terre en faveur de la liberté de conscience et de religion. Celle-ci constitue en effet un droit fondamental clairement mentionné dans l’article 18 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. La liberté de croyance n’est cependant pas respectée dans tous les pays d’Asie comme l’ont noté les évêques de ce continent dans un document qu’ils ont remis au pape. En Asie, où le christianisme est une religion ultra minoritaire, les chrétiens font souvent l’objet de pression, voire de persécutions, notamment en Chine.
Si les membres de minorités religieuses sont souvent victimes d’exactions dans de nombreux pays du monde, les croyants en général font aussi l’objet de soupçons dans nos sociétés dites « tolérantes ». De même, une personne athée ou agnostique sera parfois tenue pour un individu sans grand intérêt de la part de croyants « bien pensants »... En somme, nous avons l’habitude de porter un jugement sur notre semblable à partir de ses idées et exprimer ainsi l’inverse de la tolérance. Il arrive même que se produise un curieux phénomène : une personne qui s’engage toujours plus profondément dans sa foi ou qui persévère dans sa philosophie, ne devient pas forcément plus ouverte aux autres...
Cela se comprend dans le cas d’idéologies visant à promouvoir la domination d’une catégorie d’êtres humains sur une autre. En revanche, lorsqu’il s’agit d’idéologies humanistes ou de religions basées sur l’Amour du prochain, c’est beaucoup plus inquiétant. Les grandes religions de ce monde, de même que les grandes philosophies, ont été, dans la plupart des cas, fondées par des êtres exceptionnels très soucieux de l’humanité dans son ensemble : il est particulièrement absurde que ceux qui se prétendent leurs continuateurs s’attachent désespérément à la lettre au lieu de privilégier l’esprit de leurs enseignements. S’ils faisaient cet effort, ils découvriraient qu’à l’origine de ces grands courants de pensée, spirituels ou non, il y a un même principe : celui qui énonce le respect d’autrui et de sa liberté comme un absolu. A lui seul, ce principe devrait être capable de réunir les religions et les philosophies de toute la terre.
Geoffroi  |