| Erreur et horreur |
4 mai 1999 |
Comme chaque lundi, le président Jacques Chirac est intervenu sur les chaînes de télévision. Il a rappelé la détermination des positions de l'OTAN et affirmé, en substance, qu'il « serait immoral d'accepter les horreurs dont nous sommes témoins » au Kosovo. Nous ne pouvons qu'être d'accord avec ces déclarations mais que devons-nous penser alors du sort réservé aux civils serbes ? Les « bavures » sont, en effet, de plus en plus courantes ces jours-ci... Hier, un bus et deux voitures ont été détruits, faisant de nombreuses victimes.
Cela peut-il être considéré comme une « horreur » ? Assurément. Pouvons-nous estimer qu'il s'agit là d'une erreur ? Oui, mais le problème est que ce n'est pas la première fois qu'un accident de ce genre se produit. Cette erreur a-t-elle engendré un changement de stratégie de la part de l'Alliance ? Non, elle fait partie des risques dûs à la difficulté des missions sur le terrain... Et c'est là que la machine de guerre mise en place par l'OTAN montre son immoralité : si une bombe est larguée à plusieurs kilomètres de sa cible, puis guidée par un rayon laser, c'est pour permettre au pilote d'évacuer les lieux sans encourir de risque pour sa vie.
En d'autres termes, ce sont les civils serbes qui paient le prix que les militaires et les gouvernements occidentaux ne veulent en aucun cas payer, eux qui pratiquent la politique du « zero killed » (zéro victime). Nous ne pouvons donc accepter ni la barbarie méthodique des miliciens serbes ni les méthodes barbares des forces de l'OTAN... « Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais celui qui perd sa vie à cause de moi la trouvera. »
(Mt 16-25)
Geoffroi  |